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Cessez-le-feu au Moyen-Orient : Le temps des compromis délicats

Cessez-le-feu au Moyen-Orient : Le temps des compromis délicats

A la suite de discussions avec le Premier ministre Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir, du Pakistan, au cours desquelles ils m'ont demandé de suspendre l'intervention militaire prévue ce soir contre l'Iran, et sous réserve que la République islamique d'Iran accepte l'ouverture totale, immédiate et sécurisée du détroit d'Ormuz, j'accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l'Iran pour une période de deux semaines».

C’est en ces termes que le président américain a annoncé, mardi, sur sa plateforme Truth Social, le cessez-le-feu au Moyen-Orient, arraché à une heure du chaos précédemment annoncé par Donald Trump. Des deux côtés, les déclarations triomphales se multiplient. A Washington, on assure avoir atteint tous les objectifs militaires.

A Téhéran, on parle de défaite infligée à l’ennemi. Entre les deux, une réalité plus prosaïque s’impose : aucun des protagonistes ne pouvait se permettre l’embrasement total, car ce serait trop coûteux, trop risqué et trop incertain.

Une paix suspendue à un détroit La clé de ce répit s’appelle Ormuz. Un goulet par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Sa fermeture était une menace systémique. Pour preuve, en quelques heures, les marchés ont rappelé à tous la hiérarchie des priorités, d’autant que le pétrole a décroché sous les 100 dollars et que les Bourses ont bondi.

La géopolitique s’est inclinée ainsi devant l’économie. Mais pour combien de temps ? Ne l’oublions pas, ce cessez-le-feu n’est pas un accord définitif, mais plutôt une parenthèse conditionnelle. Il repose sur une ouverture maritime surveillée, des négociations à venir et une confiance inexistante entre Téhéran et Washington. Par ailleurs, reste une donnée majeure. Que contiennent réellement les dix points proposés par l’Iran ?

Selon les médias d’Etat iraniens, ce plan comprend :

• la garantie du respect par les EtatsUnis du principe de non-agression; • le maintien du contrôle de l’Iran sur le détroit d’Ormuz; • l’acceptation de l’enrichissement de l’uranium; • la levée de toutes les sanctions initiales; • la levée de toutes les sanctions secondaires; • l’abrogation des résolutions contre la République islamique votées par le Conseil de sécurité de l'ONU; • l’abrogation des résolutions contre la République islamique votées par le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA); • le versement à l'Iran de compensations; • le retrait des forces militaires américaines de la région; • et la cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris contre le Hezbollah au Liban.

Si ce plan constitue, selon Trump, une «base de négociation viable», difficile d’imaginer cependant que les Etats-Unis vont l’accepter en l’état, surtout que des zones d’ombre subsistent. En effet, la question de l’enrichissement d’uranium, absente de la version anglaise transmise à l’ONU, figure pourtant dans la version en persan relayée par les médias d’Etat iraniens.

Une divergence qui en dit long sur la complexité des discussions à venir. Autres points qui pourraient faire capoter les négociations, le retrait des forces américaines de la région ou encore l’abrogation des résolutions du Conseil de sécurité. Dans ce contexte, pour parvenir à une paix durable, il faudra forcément, de part et d’autre, faire des compromis sans pour autant renoncer à ses lignes rouges.

Tout se jouera donc dans ce délai de deux semaines, une durée courte en diplomatie mais suffisamment longue pour tester les intentions. Les discussions prévues à Islamabad diront, in fine, si les deux camps cherchent véritablement une sortie ou simplement un répit avant la prochaine secousse. 

 

D.William

 

 

 

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