Près d’une personne sur deux ayant souffert de difficultés psychologiques, en particulier les personnes âgées, dépressives ou issues de milieux ouvriers et ruraux, n’en parlent ni à leur entourage ni à un professionnel de santé, d'après une étude de Santé publique France (SpF).
L'enquête a interrogé 8.010 personnes, dont 2.919 ont déclaré avoir vécu une détresse psychologique au cours des douze derniers mois. Parmi ces dernières, 49% ont affirmé n'avoir "parlé à personne, ni à leur entourage ni auprès de professionnels de santé".
Les groupes les moins enclins à s'exprimer sur leur mal-être incluent les hommes âgés de plus de 65 ans (41% seulement en parlent), les personnes souffrant d'états dépressifs (44%), les habitants des zones rurales (47%) et les ouvriers (46%), selon les résultats de l'étude, relayés mardi par les médias français.
À l'opposé, les cadres et professions intellectuelles supérieures (59%), les personnes ayant une bonne situation financière (54%), les moins de 35 ans (57%), les femmes (53%) et les actifs occupés (53%) sont plus nombreux à aborder le sujet.
Parmi ceux qui s'expriment, 29% consultent un professionnel de santé ou de santé mentale, 25% se confient à leur famille, 19% à des amis, 7% à des collègues et 9% utilisent des canaux alternatifs.
"La pandémie de Covid-19 a fortement altéré la santé mentale des populations à l'échelle mondiale", rappelle l'étude: l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a observé une augmentation d'environ 25% des troubles anxieux et dépressifs, en particulier chez les femmes et les jeunes.
Face à ce constat, les auteurs de l'étude insistent sur "l'importance de déployer des actions pour faciliter la parole autour de la souffrance psychique et réduire la stigmatisation", appelant à porter une "attention particulière" aux groupes "ayant le moins tendance à s'exprimer à ce sujet".
En France, la prévalence des épisodes dépressifs caractérisés survenus dans l'année a presque doublé chez les 18-24 ans, passant de 11,7% en 2017 à 20,8% en 2021, souligne SpF.