A mesure que l’intelligence artificielle gagne en puissance, le débat sur son encadrement prend une tournure de plus en plus politique. D’un côté, les appels à ralentir son développement et à imposer des règles se multiplient. De l’autre, Donald Trump rejette frontalement toute tentative de freiner la course technologique américaine.
Le président américain a dénoncé lundi une «conspiration malsaine» contre l’IA, alors que les inquiétudes grandissent autour des conséquences des systèmes les plus avancés.
Pour Donald Trump, nul besoin de multiplier les barrières réglementaires : «le seul contrôle ou +garde-fou+ dont a besoin l’IA est un président fort et intelligent (Q.I. élevé!) et les Etats-Unis en ont en pagaille», a-t-il écrit sur Truth Social.
Une sortie qui tranche avec les mises en garde venues aussi bien de l'industrie que des institutions internationales.
Le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a ainsi appelé à ralentir le développement de l’IA afin de mieux mesurer les risques associés à ses nouvelles capacités.
Une position publiquement soutenue par Sam Altman, patron d’OpenAI, et Elon Musk.
En Europe, Patrice Caine, PDG de Thales, estime également que la technologie ne peut être laissée à la seule responsabilité des entreprises. «Nous avons besoin de cadres, et cela relève clairement, en termes de responsabilité, des gouvernements», a-t-il déclaré lundi à Londres.
Selon lui, les solutions techniques permettant de garder l’IA sous contrôle existent, mais elles ne peuvent remplacer un cadre réglementaire défini par les Etats.
L’ONU va encore plus loin. Le haut-commissaire aux droits de l’Homme, Volker Türk, réclame une «action urgente» face aux «risques sans précédent» que pourraient engendrer les modèles d’IA les plus puissants.
Il redoute notamment que des systèmes autonomes défaillants puissent perturber les communications, les services essentiels, les infrastructures sensibles ou encore les institutions démocratiques.
«Aucun pays ne peut réguler seul cette technologie. Aucune entreprise ne devrait pouvoir décider seule des risques que le monde doit accepter», prévient-il.
Entre Washington, les industriels et les Nations unies, les lignes de fracture sont désormais clairement posées.