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Casablanca : Paradoxes et absurdités d’un confinement allégé

Casablanca : Paradoxes et absurdités d’un confinement allégé

Lundi 15 Juin 2020 Par Laquotidienne

 

Les rues de Casablanca grouillent de monde.

En lieu et place d’un confinement allégé, les habitants de la ville ont visiblement choisi le déconfinement.

Ils mettent ainsi à nu les incohérences du plan de réduction des mesures de confinement décidé il y a quelques jours.

 

Par D. William

Casablanca : Plan de réduction des mesures de confinement

Je commence mon propos en rappelant, d’abord, l’élément essentiel du plan de réduction des mesures de confinement décidé par les autorités et qui concerne la zone 2, dans laquelle est logée Casablanca.

Entré en vigueur le 11 juin, l’assouplissement des restrictions se décline en quatre points :

1- Obligation de disposer d'une autorisation exceptionnelle de déplacement pour toute sortie.

2- Fermeture des commerces à 20h00.

3- Reprise du transport public urbain sans dépasser 50% de la capacité d'accueil.

4- Maintien de l'ensemble des autres restrictions décrétées pour l'état d'urgence sanitaire (interdiction des rassemblements, des réunions, des fêtes, des fêtes de mariage, des funérailles, etc).

Dans l’absolu, rien n’a donc changé à Casablanca, hormis l’heure de fermeture des commerces (20H au lieu de 18H) et la reprise du transport public urbain.

La ville est donc encore sous cloche… théoriquement.

Casablanca : Confinement allégé ou déconfinement ?

Théoriquement parce qu’il y a comme un parfum d’incohérence dans ce que les autorités appellent «confinement allégé».

En effet, à force de mesures préventives et de restrictions, je crois que l’on s’est perdu en cours de route.

Oublions l’autorisation de déplacement pour motifs professionnels et intéressons-nous à un seul point : l’obligation de disposer d'une autorisation exceptionnelle de déplacement pour toute sortie.

Il est utile de rappeler que cette autorisation, que nous trimballons tous, limite strictement nos déplacements. Elle sert en effet à se déplacer pour :

  • se ravitailler en produits de première nécessité;

  • bénéficier de soins médicaux;

  • l’achat de médicaments;

  • motifs impérieux.

Tout porte à croire cependant que, ces derniers jours, les Casablancais ont fait unanimement le choix de donner une définition autrement plus large à «motifs impérieux», pour ne pas dire de s’affranchir les règles.

«Motifs impérieux» : deux termes qui semblent désormais inclure le shopping, les promenades, les visites de famille, les retrouvailles entre amis… Lesquels, pour la majorité des citoyens, sont devenus une «impérieuse nécessité» pour leur équilibre social.

Cela peut s’entendre et se comprendre, après 80 jours de confinement.

Conséquences : entre ceux qui vont au boulot, ceux qui prennent d’assaut les commerces, notamment les magasins de vêtements, et ceux qui sortent pour se dégourdir les jambes…, les rues de Casablanca commencent à être bondées de monde.

confinement casablanca

Oui, les Casablancais ont décidé de se déconfiner avant l’heure, avec en toile de fond l’expression d’un ras-le-bol collectif.

Pendant ce temps, que font les autorités ? Elles laissent faire.

Il n’y a pratiquement plus de contrôle (au centre ville en tout cas) et plusieurs barrages ont été levés.

En réalité, elles sont dans l’embarras, dans la mesure où elles ne peuvent annoncer la reprise des activités économiques (industrielles, commerciales, artisanat, petits métiers de proximité, commerces de proximité, professions libérales et similaires, réouverture des souks hebdomadaires) au niveau national, tout en empêchant les citoyens de se déplacer.

Ces citoyens qui consomment, qui font vivre les commerces…

Dans le contexte actuel, le maintien de l’autorisation de déplacement à l’intérieur de Casablanca est donc une grosse absurdité.

Peut-être en sera-t-il autrement le 20 juin, date à partir de laquelle les ministères de l’Intérieur et de la Santé ont promis «d’accélérer le processus de levée progressive du confinement» ?.

Ils se gardent bien d’ailleurs de dire «accélérer le déconfinement».

Le choix des mots est important : ils ont un impact psychologique fort dans l’entendement collectif.

Pour les autorités, «levée progressive du confinement» rime avec prudence, car le coronavirus circule toujours.

Pour les citoyens longtemps astreints à rester chez eux, «déconfinement progressif» a valeur de liberté retrouvée.

Les grands perdants de cette affaire : les cafés, restaurants, salons de coiffure et autres instituts de beauté…

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