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Ce que je sais du Maroc - Ep 22

Lundi 03 Fevrier 2020 Par Laquotidienne

Nous nous sentions donc très à l’aise par rapport aux Marocains.

Ils ne rataient jamais l’occasion de nous signifier qu’ils avaient jeûné. 

Nerveux et irascibles (même les professeurs n’y échappaient pas), ils ne supportaient guère ces journées de privation.

Je n’avais jamais vu autant de querelles de ma vie que durant cette période, surtout en fin d’après-midi.

Entre les klaxons, les altercations et les insultes, l’effet Ramadan était bien visible.

Un jour, j’ai eu à assister à une scène pour le moins étonnante : une dispute de près d’une demi-heure entre deux hommes, des insanités qui fusaient de partout au milieu de petits curieux avides de ce genre de spectacles et des empoignades à répétition.

Ce n’est pas allé plus loin : la scène s’est plutôt terminée par une accolade amicale et chacun est remonté dans sa voiture.

Je n’ai rien compris. Au Sénégal, la première insulte qui sort est suivie d’un coup de poing.

Je me suis alors souvenu de ce qu’on m’avait dit : ici, on ne frappe jamais le premier.

Le soir, après la rupture, nous étions tous assis autour d’un bon thé à la sénégalaise, tout en jouant à la belote.

Pourtant, me disait-on, il fallait que j’aille, un soir, faire un tour en ville, histoire de voir l’ambiance qui y régnait.

Ambiance ? J’avais du mal à placer ce mot à côté de Ramadan.

Au Sénégal en tout cas, pour des gens habitués à être dehors tard le soir (garçons comme filles), le mois sacré est une période assez particulière : après la rupture, on reste en famille ou entre amis autour du thé en s’adonnant principalement à des jeux de société.

(A suivre)

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D. W.

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