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Ce que je sais du Maroc - Ep23

Lundi 10 Fevrier 2020 Par Laquotidienne

J’ai finalement cédé à la curiosité et je suis allé en ville un soir, après la rupture du jeûne.

Au regard de l’ambiance festive qui y régnait, j’ai compris que les soirées «ramadanesques» marocaines étaient vraiment particulières.

D’habitude désert à cette heure, le centre-ville était rempli. Tout le monde se promenait. Enfants, hommes, femmes. Les cafés étaient bondés.

A cette époque, cela m’a paru bizarre de rencontrer des filles seules, si tard le soir. On les laissait sortir la nuit, contrairement aux autres mois de l’année.

«C’est la seule période de l’année où mes parents me laissent sortir le soir; donc j’en profite», m’avait confié une camarade de classe. Casablanca vivait ainsi la nuit. Durant tout le Ramadan.

Cela faisait plusieurs mois que j’étais au Maroc. Et j’ai commencé à garder certaines de mes opinions pour moi et à me méfier le jour où un chauffeur de taxi m’a déposé en bas de mon immeuble sans que je ne lui donne l’adresse.

Je lui avais juste dit «boulevard Moulay Ismaïl»; il a fait le reste.

Mes amis m’avaient déjà parlé de ça, car je n’étais pas le seul étranger à qui cela arrivait.

Je prêtais alors davantage attention à ce que je répondais à des questions qui semblaient a priori bénignes, genre «Comment tu trouves le Maroc ?», «Comment sont les Marocains ?», «Est-ce que tu te plais ici ?».

A ces questions que posaient souvent les chauffeurs de taxi, les bouchers, les épiciers, les gardiens…, nous avions appris à répondre quasi systématiquement : «Koulchi Meziane» (tout va bien).

Rhétorique hypocrite qui, souvent, était loin de traduire le fond de nos pensées, mais qui préserve de bien des déconvenues.

(A suivre)

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D. W.
 

Ce que je sais du Maroc
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