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8 milliards de bonshommes

8 milliards de bonshommes

Depuis le 15 novembre 2022, nous sommes 8 milliards d’âmes à vivre sur la planète terre. Nous étions 2 milliards en 1950. Nous serons 9,7 milliards à l’horizon 2050. Devons-nous nous réjouir de cette augmentation de la population mondiale ? Ou devons-nous plutôt nous en inquiéter ?

Difficile d’avoir une réponse tranchée. Mais une chose est sûre : cette expansion de l’humanité est source de nombreux défis liés à une inégale répartition des populations et des richesses dans les différents continents, aux changements climatiques, à une demande alimentaire qui évolue alors qu’il y a de moins en moins de terres cultivables à cause de l’urbanisation croissante… Voilà une conjoncture de facteurs qui exacerbe un autre phénomène : l’immigration.

La recherche de terres prospères et plus sécures favorisant des déplacements massifs de populations, souvent au péril de leur vie. L’Afrique, bien que dotée d’un sous-sol riche, reste particulièrement touchée par cette problématique. Par la faute de dirigeants incompétents, mus seulement par l’appât du gain et du pouvoir, oubliant qu’ils doivent être au service de la collectivité, ce continent manque de tout ou presque et se vide de ses jeunes bras.

«Malgré sa richesse en ressources naturelles, l’Afrique reste, en termes de développement, à la traîne par rapport aux autres régions du monde, handicapée notamment par le faible niveau de développement de ses infrastructures et une prépondérance de son secteur informel, en raison particulièrement de la faible productivité de son secteur agricole», analyse à juste titre Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan, lors d’une rencontre tenue mardi à Rabat sous le thème «Les trajectoires et défis démographiques».

Dès lors, les jeunes du continent, empêtrés dans les affres du chômage, voient les pays du Nord comme un Eldorado, le sésame qui va les sortir de la misère et de la pauvreté. «Les retombées des crises économique et alimentaire, conjuguées aux effets des changements climatiques, accentuent les difficultés de l’Afrique en matière de croissance économique, de développement social et de valorisation de ses ressources naturelles, exacerbent les flux migratoires et favorisent l’instabilité et les risques de terrorisme», note Lahlimi. Ainsi, poursuit-il, «sur le plan économique, les changements climatiques induiraient une perte de 2/3 des terres arables d’ici 2030 (FAO) et une perte entre 5 et 15% de croissance de son PIB par habitant (BAD).

Sur le plan social, les changements climatiques pourraient faire passer près de 43 millions d’Africains supplémentaires sous le seuil de pauvreté dès 2030». Le sort de l’Afrique est-il alors définitivement scellé  ? Pas tout à fait. Si tant est que les dirigeants du continent prennent la mesure de leurs responsabilités. Autrement dit, qu’ils se résolvent à servir exclusivement les intérêts de leur pays respectif en opérant les transformations structurelles nécessaires à l’émergence d’économies fortes et résilientes. Ce qu’ils n’ont pas réussi à faire depuis les indépendances. Cela fait 60 ans maintenant. 

 

 

Par D. William

 

 

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