Le marché du travail marocain entame l’année 2026 sous le signe d’une transformation méthodologique majeure, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026). Alignée sur les standards internationaux, cette refonte modifie sensiblement la lecture des indicateurs, rendant toute comparaison avec les anciennes séries délicate.
Au premier trimestre, la population en âge de travailler atteint 27,8 millions de personnes, dont 11,6 millions constituent la main-d’œuvre.
Le taux de participation s’établit ainsi à 41,8%, avec un contraste marqué entre hommes (66,4%) et femmes (17,5%). Cette disparité de genre reste l’un des traits structurants du marché du travail national.
Côté emploi, 10,36 millions de personnes disposent d’un travail rémunéré, soit un taux d’emploi de 37,3%. Le secteur des services domine largement, concentrant près de la moitié des emplois (49,1%), suivi de l’agriculture (24,5%), de l’industrie (13,6%) et du BTP (12,7%). La structure sectorielle confirme ainsi le poids du tertiaire, notamment en milieu urbain.
En parallèle, le chômage au sens strict touche 1,25 million de personnes, soit un taux de 10,8%. Les jeunes de 15 à 24 ans demeurent les plus exposés, avec un taux atteignant 29,2%, tandis que celui des femmes s’élève à 16,1%, contre 9,4% pour les hommes.
Au-delà du seul chômage, la nouvelle approche met en lumière une sous-utilisation plus large de la main-d’œuvre. En intégrant le sous-emploi et la main-d’œuvre potentielle, le taux composite atteint 22,5%, révélant une pression réelle bien supérieure aux indicateurs traditionnels.
Enfin, des disparités régionales notables persistent. Certaines régions comme Laâyoune-Sakia El Hamra affichent des taux de chômage élevés (20,3%), tandis que d’autres, à l’image de Dakhla-Oued Ed-Dahab, se distinguent par des niveaux nettement plus faibles (5,7%).
Au total, cette nouvelle photographie du marché du travail met en évidence une réalité complexe : derrière une relative stabilité des grands équilibres, les tensions demeurent fortes, en particulier pour les jeunes et les femmes, et appellent des réponses ciblées et structurelles.