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Inflation: De qui se moque-t-on ?

Inflation: De qui se moque-t-on ?

Rebelote. Parlons encore de l’inflation ! Que faire ? On ne peut se soustraire de ce sujet qui préoccupe tous les Marocains. Des plus hautes instances de ce pays aux plus démunis, lesquels sont d’ailleurs les plus touchés par la hausse des prix à la consommation.

Rappelons-le, l’inflation a enregistré une hausse de 8,9% au cours du mois de janvier 2023 sur une année glissante.

Sur la période, la hausse de l’indice des produits alimentaires a atteint 16,8%. C’est justement l’augmentation du prix de la bouffe qui suscite la colère des citoyens. Certes, les prix de certains produits ont diminué, comme ceux de la viande rouge et des volailles, mais leurs niveaux restent toujours élevés. Ce qui fait que les citoyens ont l’amère impression que le gouvernement s’adonne à un vague exercice de communication pour calmer les esprits rebelles. Car malgré les multiples sorties des ministres et les mesures annoncées, les tensions sur les prix restent persistantes.

Tantôt on impute les prix excessifs aux volumes trop importants des exportations, ce qui crée des pénuries sur le marché local. Tantôt on fustige les intermédiaires qui s’adonnent à la spéculation. Dans les deux cas, il y a débat. Puisque les mesures prises par l’Exécutif à cet effet sont sinon laxistes, pour le moins risibles.

Primo : Les exportations. Le gouvernement a décidé de geler provisoirement les exportations d’oignons, de pommes de terre et de tomates. C’est de la pure com. Dans la pratique, cette décision est difficilement applicable, d’autant que les exportateurs sont généralement liés à leurs clients par des contrats fermes. Par ailleurs, cela revient à renoncer à une entrée conséquente de devises, ce sur quoi a été bâti le Plan Maroc Vert. Difficilement imaginable.

Secundo : Les intermédiaires. Ils sont actuellement jetés en pâture à la vindicte populaire. La problématique que posent ces intermédiaires dans la chaîne d’approvisionnement n’est cependant pas nouvelle. Elle date de très longtemps. Mais hormis les contrôles sur le terrain dont se targue le gouvernement, aucune stratégie réelle n’a été mise en place pour justement court-circuiter ces intermédiaires. C’est pourquoi dans une note publiée cette semaine, le Conseil économique, social et environnemental «rappelle l’urgence d’une réorganisation des circuits de commercialisation et d’une réglementation du rôle des intermédiaires pour atténuer la hausse des prix des produits alimentaires».

Le CESE déplore ainsi : • l’absence d’un cadre de gouvernance global et intégré du processus de commercialisation des produits agricoles, entraînant plusieurs insuffisances en matière d’organisation des marchés des produits agricoles (marchés de gros et souks hebdomadaires), et la prédominance des circuits parallèles de commercialisation (vente informelle); • la faible capacité des petits et moyens agriculteurs à s’organiser pour écouler, dans de bonnes conditions, leurs produits.

A cela s’ajoute une digitalisation encore très faible des processus de commercialisation et de valorisation des produits agricoles, qui ne facilite pas l’accès direct et fluide des petits et moyens agriculteurs aux différents marchés et débouchés; • une intermédiation excessive et peu contrôlée qui favorise la spéculation et la multiplication des intervenants, pénalise le producteur, impacte la qualité des produits en rallongeant les circuits de distribution et partant, renchérit le prix de vente final au consommateur. Le prix d’un produit peut, parfois, tripler ou quadrupler avant d’arriver au consommateur. Partant de ce diagnostic, le CESE recommande d’accélérer la réforme des marchés de gros en adoptant un dispositif ouvert à la concurrence, développer les circuits courts de commercialisation à caractère coopératif et encourager les petits et moyens agriculteurs à se regrouper dans des coopératives et de mettre en place un cadre juridique encadrant les pratiques de stockage des produits agricoles.

Le CESE suggère aussi d’accélérer la transformation digitale de la commercialisation des produits agricoles, mettre en place un cadre réglementaire précis et opposable pour repenser et réguler le rôle et les missions du métier de l’intermédiaire, élargir l’étendue et renforcer la fréquence des opérations relatives au contrôle des prix et au respect de la concurrence pour lutter efficacement contre les pratiques spéculatives et de mettre en place un «observatoire des prix et des marges», qui pourrait être abrité par le Conseil de la concurrence.

Clairement, le gouvernement se doit de prendre des mesures plus concrètes et plus impactantes. C’est urgent. Car, en face, les ménages trinquent et la colère sociale monte.

 

 

Par D.William

 

 

 

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