Abdelilah Benkirane a vivement pris à partie Ahmed Charaï en pleine campagne électorale. Le secrétaire général du PJD a notamment ressorti une ancienne tribune du patron de presse intitulée «We Are All Israelis», après que ce dernier a récemment affiché sa préférence pour le projet politique du PAM.
La tension monte entre Abdelilah Benkirane et Ahmed Charaï. En pleine campagne pour les législatives du 23 septembre, le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) a consacré une partie de ses interventions au patron de Global Media Holding.
À l’origine de cette nouvelle passe d’armes, une prise de position récente de Charaï. Dans un éditorial intitulé «Le choix de la modernité», publié le 17 septembre, celui-ci affiche la préférence de son groupe médiatique pour le projet politique du Parti authenticité et modernité (PAM), tout en précisant qu’il ne s’agit ni d’une consigne de vote ni d’une allégeance partisane.
Benkirane a saisi l’occasion pour ressortir une ancienne tribune de Charaï, publiée après les attaques du 7 octobre 2023 sous le titre «We Are All Israelis» («Nous sommes tous Israéliens»).
Le dirigeant du PJD a vivement critiqué cette position et appelé ses partisans à faire face à ceux qui chercheraient, selon ses propres termes, à «sioniser le pays». À Taroudant, samedi 19 septembre, il a également interpellé la direction du PAM sur le soutien exprimé par Charaï à son projet politique.
Dans cette confrontation, une distinction mérite toutefois d’être faite : une prise de position éditoriale relève du débat d’idées. Et les médias peuvent révéler leur soutien à un parti ou à un autre, ce n’est pas nouveau. Il arrive que des médias internationaux reconnus soutiennent ouvertement des candidats. Après tout, c’est un choix et c’est un débat d’opinions.
La réponse de Benkirane choisit, elle, le registre de l’affrontement politique en associant les positions de Charaï sur Israël à son soutien au projet du PAM.
Cette séquence intervient par ailleurs quelques jours après une nouvelle étape dans les relations entre Rabat et Tel-Aviv. Réunis à New York le 16 septembre sous l’égide des États-Unis, le Maroc et Israël ont convenu d’élever leurs représentations diplomatiques au rang d’ambassades et d’avancer sur plusieurs dossiers de coopération économique, ainsi que sur le rétablissement des liaisons aériennes directes.
Solidaire avec le groupe Al Ahdath et son président, Monsieur Charaï.