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Escalade à Sebta : Serait-ce la réponse du berger à la bergère ?

Escalade à Sebta : Serait-ce la réponse du berger à la bergère ?

 

Il fallait s’y attendre à plus d’un titre. Depuis que le torchon brûle entre le Maroc et l’Espagne suite à l’accueil des officiels de Madrid du chef des indépendantistes du polisario, Brahim Ghali, la situation à Sebta est devenue incontrôlable face aux assauts répétés des jeunes marocains qui veulent passer de l’autre côté des barrières frontalières pour regagner l’Espagne, et donc l’Europe.

 

Par Abdelhak Najib, Écrivain-journaliste

 

Ce forçage des frontières a atteint son pic entre le lundi 17 mai et le mardi 18. Les autorités espagnoles avancent le chiffre de 8.000 personnes ayant trouvé accès au préside occupé, dont 4.000 expulsions revendiquées par le ministère de l’Intérieur espagnol.

En quelques heures, ce sont des milliers de personnes, Marocains et Subsahariens, des vieux, des femmes et des mineurs qui ont décidé de forcer le poste frontalier de Tarajal, débordant toutes les mesures mises en place par la Guardia civil et l’armée de Madrid.

C’est une marée humaine aux proportions importantes qui a mis en échec les dispositifs sécuritaires mis en place par les Espagnols, forçant le gouvernement espagnol à prendre la pleine mesure de la crise, en convoquant l’ambassadeur du Maroc à Madrid pour plus d’explications.

Karima Benyaïch a répondu avec fermeté, en rappelant aux autorités espagnoles qu’il y a des «actes inacceptables» pour le Maroc et qui entraînent obligatoirement «des conséquences qu’il faut assumer de part et d’autre», montrant que Rabat est prêt à aller au bout du bras de fer, sous-tendu par une crise diplomatique qui a déjà pris des allures d’un conflit sans précédent depuis l’affaire de l’îlot Leila. 

Dans le même temps, le Maroc a rappelé à Rabat son ambassadrice pour coordonner les lignes de la diplomatie marocaine, faisant valoir, dans un sens, la voix du peuple qui, se sentant offensé par les attitudes provocatrices de l’Espagne, a répondu dans un élan spontané en prenant d’assaut l’enclave occupée.

Dans un sens, c’est la réponse du berger à la bergère, avec ce plus pour le Maroc qui a toujours rempli son rôle de gardien du temple frontière entre les deux pays, faisant preuve d’une gestion à la fois rationnelle et efficace des flux migratoires vers les deux portes d’entrée en Europe que sont Sebta et Melilla.

D’ailleurs, dans le même temps, dans la nuit de lundi à mardi, 86 migrants, sur un total de plus de 300, ont pénétré dans l’enclave de Melilla.

Une contamination prévisible qui met en état d’alerte les autorités espagnoles, lesquelles tentent de trouver une issue en multipliant les pourparlers avec leurs homologues marocains.

Il faut aussi préciser qu’un grand nombre de mineurs ont pu entrer à Sebta, un véritable casse-tête pour Madrid qui ne peut les refouler, conformément aux lois internationales.

Sans oublier les vagues de migrations en partance de plusieurs villes du Nord du pays, avec grand renfort de Subsaharien, tous candidats à l’émigration qui arrivent à Fnideq tentant le passage, par la plage ou par les montagnes.

Ce qui fait dire à plusieurs observateurs que nous sommes loin de la résolution de cette grave crise, qui peut vite prendre des allures de revendications territoriales, plongeant les deux pays dans un conflit aux multiples dimensions.

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