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Législatives 2026 : Les grandes tendances d’un scrutin marqué par l’abstention

Législatives 2026 : Les grandes tendances d’un scrutin marqué par l’abstention

Avec 97 sièges selon les résultats provisoires, le PAM devance ses deux partenaires de la majorité sortante avec un PJD qui revient en force. La faible participation pèse aussi sur la lecture du scrutin.
 

Le rapport de force a changé dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon les résultats provisoires, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) devient la première force politique du pays avec 97 sièges (soit une progression de 10 élus par rapport à 2021). Il devance désormais le Rassemblement National des Indépendants (RNI), qui perd plus du tiers de sa représentation en passant de 102 à 66 sièges, tandis que l’Istiqlal en obtient 65 (contre 81 auparavant).

La victoire du PAM découle en grande partie du recul cumulé de ses deux partenaires de coalition, qui abandonnent ensemble 52 sièges. Bien que membre du gouvernement sortant, le PAM échappe à la sanction électorale qui touche le RNI et l'Istiqlal. Ce résultat lui confère la primauté politique, sans pour autant constituer un plébiscite explicite du bilan collectif.

Sur le plan institutionnel, la reconduction de la coalition sortante demeure l'option la plus directe. Le PAM, le RNI et l’Istiqlal rassemblent 228 députés, un total inférieur aux 270 sièges de 2021, mais qui conserve une marge de 30 sièges au-dessus du seuil de la majorité absolue. 
Toutefois, le rapport de force interne se trouve modifié avec le RNI qui perd son rôle de chef de file et se retrouve au coude-à-coude avec l'Istiqlal, ce qui conditionne la formation du futur exécutif à un nouvel équilibre entre les trois formations. En vertu de l'article 47 de la Constitution, la désignation du Chef du gouvernement par le Roi s'effectuera au sein du PAM.

De son côté, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) réalise la plus forte progression du scrutin en obtenant 54 sièges, contre 13 lors des législatives de 2021. Quatrième force de la Chambre des représentants, le PJD réduit nettement l'écart avec l'Istiqlal et le RNI. 
Cette remontée lui restitue un poids parlementaire significatif et une capacité d'influence sur les délibérations de la future législature.

Les discussions gouvernementales s’ouvriront avec cette contradiction. Arithmétiquement, la reconduction de l’alliance reste aisée. Politiquement, elle devra offrir davantage qu’une nouvelle répartition des responsabilités. 

Encore faudra-t-il regarder le chiffre que les célébrations partisanes risquent de reléguer au second plan : 38,02% de participation. Le taux atteignait 50,35% en 2021, lors d’élections législatives couplées aux communales et aux régionales. Cette différence de configuration compte, mais elle ne change pas le fait que, cette année, plus de six inscrits sur dix ne sont pas allés voter.

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