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Maroc – France : De l’arrogance de Macron aux errements diplomatiques de Colonna

Maroc – France : De l’arrogance de Macron aux errements diplomatiques de Colonna

Le vendredi 8 septembre, un séisme dévastateur a frappé le Maroc, faisant près de 3 000 morts et plus de 5 600 blessés. Face à cette tragédie, de nombreux pays se sont empressés d'offrir leur aide au Maroc. Souverainement, le Royaume a accepté l'aide de quatre nations : l'Espagne, le Qatar, le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis.

La France n’a pas été retenue dans cette short list. Vexés, les médias français, dans une cabale contre le Maroc indigne en ces moments de douleur et de deuil, ont alimenté la polémique en prétendant que le Royaume bloquait et refusait l'aide internationale.

Le 12 septembre, Emmanuel Macron a tenté de désamorcer la situation en adressant un message sur les réseaux sociaux «aux Marocaines et aux Marocains», affirmant que la France était prête à aider le Maroc. «Nous avons la possibilité d’apporter une aide humanitaire directe. C’est évidemment à Sa Majesté le Roi et au gouvernement du Maroc, de manière pleinement souveraine, d’organiser l’aide internationale. Donc, nous sommes à disposition de leur choix souverain. C’est depuis la première seconde ce que nous faisons de façon tout à fait normale», a-t-il déclaré.

Cependant, cette intervention a eu l'effet inverse, exacerbant davantage les tensions et contribuant à détériorer les relations franco-marocaines. Les Marocains ont vertement critiqué la démarche de Macron, la qualifiant de maladroite et irrespectueuse. En défiant l'autorité royale pour s'adresser directement au peuple marocain, Macron a commis une bourde diplomatique impardonnable.

Quelques jours après ce qui est considéré comme un vrai affront, nouveau couac. Catherine Colonna, ministre française des Affaires étrangères, a annoncé dans une interview à LCI que Macron se rendrait au Maroc sur invitation du Roi Mohammed VI. Cette annonce a été sèchement démentie par une source gouvernementale officielle, qui a souligné que la visite de Macron au Maroc n'était ni à l'ordre du jour ni programmée.

 

Tensions persistantes

Les maladresses de Macron et les errements diplomatiques de Colonna ne font qu'envenimer les relations déjà tendues entre Rabat et Paris.

Ces relations se sont dégradées davantage depuis l'arrivée au pouvoir de Macron. Quatre points principaux sont à l’origine du vent frais qui circule entre Rabat et Paris : l'affaire Pegasus, la question des visas, le vote du Parlement européen, et la question du Sahara marocain.

Sur ce dernier point, Macron, connu pour sa position équivoque et son «en même temps», a préféré sacrifier les relations avec le Maroc sur l’autel de ses intérêts économiques en Algérie. Et ce, au moment où d'autres partenaires du Royaume, pour ne citer que les États-Unis et l'Espagne, ont tranché dans le vif en reconnaissant clairement la marocanité du Sahara.

Aujourd’hui, ce n’est pas seulement au Maroc que le président français irrite et exaspère. Jugé arrogant, désinvolte, parfois suffisant, il est devenu le symbole grandissant du sentiment anti-français qui se développe en Afrique. Et qui se caractérise par la perte d’influence de la France dans le continent, au profit de puissances économiques comme la Chine ou la Russie. En l’espace de 20 ans (2000 à 2021), le poids économique de la France en Afrique a été divisé par deux. La France se trouve actuellement au même niveau que les USA, l’Inde ou encore l’Allemagne, loin derrière la Chine.

Ce recul économique s'accompagne de revers diplomatiques cuisants. Les troupes françaises ont été expulsées du Burkina Faso, tout comme la force Barkhane du Mali. De plus, actuellement, il y a une profonde crise diplomatique entre Niamey et Paris. Les militaires, qui ont pris le pouvoir le 26 juillet dernier au Niger, ont exigé le départ des 1.500 soldats français établis sur leur sol ainsi que celui de l’ambassadeur français. Ce que refusent catégoriquement les autorités françaises, qui jugent illégitime le nouveau pouvoir militaire et considèrent toujours Mohammed Bazoum comme le président du pays.

Bref, une preuve de plus du naufrage de la diplomatie française sous l’ère Macron.

 

 

F. Ouriaghli

 

 

 

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