Au lendemain du scrutin, le Parti authenticité et modernité (PAM) a tenu en son siège à Rabat son premier point de presse depuis les élections.
Arrivé en tête du scrutin législatif du 23 septembre avec 97 sièges, le PAM aborde l’après-élections avec la responsabilité de traduire cette victoire en orientations concrètes et de répondre aux attentes sociales et économiques exprimées durant la campagne.
Lors de ce point de presse, la direction du PAM est revenue sur les enseignements du scrutin, tout en présentant les principales priorités qui devront guider la prochaine étape, à la lumière du nouveau paysage politique issu des urnes.
La jeunesse, un enjeu politique majeur
La participation des jeunes constitue l’un des enjeux de la prochaine étape. Pour Fatima-Zahra Mansouri, le taux de participation ne doit pas être interprété uniquement sous l’angle de l’abstention, même si les partis doivent renforcer leur capacité à mobiliser les nouvelles générations.
«C’était en effet un défi pour nous comme pour l’ensemble des forces politiques et des observateurs. Ce taux de plus de 38% est en réalité un résultat assez habituel. Il n’y a pas d’abstention historique comme on le dit dans les commentaires, même si au sein du PAM, nous savons qu’il faut mobiliser davantage les jeunes, les encourager et les pousser à s’engager au sein des partis politiques», a-t-elle souligné. Elle estime également que cette mobilisation passe par une revalorisation de l’engagement politique. «Certes, les partis ne sont pas exemplaires dans toutes leurs pratiques, mais cela ne remet pas en cause la noblesse de l’engagement politique, qui doit avant tout servir les citoyens, l’intérêt général et l’esprit de citoyenneté», a-t-elle affirmé.
Les priorités socioéconomiques au cœur du programme
Cette question de la jeunesse rejoint directement les priorités économiques affichées par le parti, à savoir le pouvoir d’achat, l’emploi, l’insertion économique et les politiques sociales. Son programme prévoit 350 milliards de DH sur cinq ans, avec notamment un pacte consacré au pouvoir d’achat et un autre à la jeunesse.
Lors de cette rencontre, Mansouri a également insisté sur la nécessité de réduire les disparités territoriales. «Dans son discours du Trône, SM le Roi a évoqué un Maroc à deux vitesses et c’est une réalité que nous vivons en tant que Marocains», a-t-elle déclaré. Elle a ensuite souligné que cette problématique devra également être prise en compte lors de la prochaine étape. Une étape qui, précisons-le, consistera à traduire les engagements en actions publiques, tout en les conciliant avec les contraintes budgétaires.
Le Projet de Loi de Finances 2027 constituera à ce titre un rendez-vous important, alors que sa préparation est déjà engagée par le ministère de l’Économie et des Finances.
Quant aux préoccupations exprimées par les jeunes, notamment lors du mouvement de contestation de la Gen Z, Mansouri a mis en avant la proximité du parti avec les citoyens.
«Nous étions sur le terrain, donc nous sommes bien informés et conscients des revendications. Notre programme a été conçu pour apporter un ensemble de réponses aux questions que se posent les Marocains», a-t-elle assuré. Et d’ajouter : «Nous ne considérons pas la génération Z comme un problème en soi. Un pays démocratique où la vie publique est réelle, connaîtra nécessairement des formes de contestation. C’est un mode d’expression de la société de manière civilisée». La responsable du PAM a également mis la lumière sur l’engagement de Fouzi Lekjaa ainsi que son travail, et sa proximité avec les citoyens.
Les alliances au cœur des consultations
Concernant les alliances, le PAM affiche une volonté d’ouverture. Mansouri rappelle la confiance obtenue après 18 années de présence sur la scène politique. « Aujourd’hui, nous célébrons cette confiance précieuse accordée par les citoyennes et citoyens, une confiance qui arrive après une lutte acharnée. Tout au long de ces années, le Parti authenticité et modernité est resté fidèle à ses idées, à ses projets et à ses militants», a-t-elle noté.
En effet, l’ouverture exprimée par le PAM concerne l’ensemble des formations, y compris celles avec lesquelles des divergences existent sur certaines questions de société, notamment le PJD. «Nous sommes prêts à dialoguer avec tous les partis, y compris sur les sujets qui nous opposent. Nous resterons attachés à nos convictions, tout en privilégiant la concertation sur les grandes questions qui concernent notre pays. Nous faisons face à des défis communs qui exigent un dialogue et une responsabilité partagée», a déclaré Mansouri.
Les leçons du gouvernement sortant
Par rapport au bilan de l’expérience gouvernementale précédente, Mansouri refuse une lecture totalement tranchée. «Personne ne peut dire que l’expérience du gouvernement sortant a été un échec total ou une réussite complète. Certes, il y a eu des divergences dans la gestion, mais nous sommes convaincus que chaque expérience permet de tirer des enseignements», a-t-elle relevé.
Toutefois, Mansouri a pointé du doigt sur le manque de communication du gouvernement sortant avec les citoyens. «Il est essentiel de dialoguer avec les citoyens et de partager avec eux les orientations et les idées portées par l’action gouvernementale», a-t-elle insisté.
Le PAM doit désormais participer aux consultations qui détermineront la prochaine configuration gouvernementale. À cet égard, la responsable renvoie à la prérogative royale : «Sa Majesté est le détenteur de la sagesse. Il choisira ce qui est le mieux pour notre pays. S’il me demande d’assumer une responsabilité, je lui répondrai : «À vos ordres, avec honneur», a-t-elle conclu.
I.Z