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Guerre au Moyen-Orient : Qui va gagner la bataille d’Ormuz ?

Guerre au Moyen-Orient : Qui va gagner la bataille d’Ormuz ?

En quelques semaines, le conflit entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël a basculé dans une phase d’escalade aux ramifications régionales et économiques. De frappes ciblées, la guerre s’étend désormais aux infrastructures civiles et énergétiques, tandis que le détroit d’Ormuz devient un levier stratégique capable d’ébranler l’économie mondiale.

La guerre déclenchée le 28 février par l’offensive conjointe des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran est entrée dans une phase plus intensive. En trois semaines, le conflit a changé de dimension. Les premières frappes visaient des objectifs militaires et nucléaires. Désormais, les attaques touchent des zones urbaines, des infrastructures sensibles et des pays tiers.

D’ailleurs, l’Iran a riposté en frappant samedi le sud d’Israël, notamment autour de Dimona et Arad, causant près de 200 blessés. Dans le même temps, des missiles et drones ont visé l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et des installations en Irak. La guerre s’étend donc de plus en plus à l’ensemble du Golfe.

C’est dans ce contexte que Donald Trump a lancé un ultimatum à Téhéran. Washington exige la réouverture du détroit d’Ormuz sous 48 heures, faute de quoi les Etats-Unis frapperont les centrales électriques iraniennes. Trump cherche ainsi à affaiblir la capacité industrielle et logistique du pays. Mais cette stratégie fait entrer le conflit dans une phase plus risquée. Les infrastructures civiles deviennent des objectifs militaires, ce qui accroît les risques d’escalade incontrôlée.

D’ailleurs, en réponse, l’Iran refuse toute concession sous pression et menace de cibler les infrastructures énergétiques et technologiques de toute la région. 
Ainsi, le principal danger réside désormais dans un engrenage difficile à contenir et aux conséquences imprévisibles, surtout sur le plan économique.

Ormuz, épicentre d’une guerre globale

Le conflit bascule, de fait, dans une logique d’affrontement total, où les économies deviennent des cibles au même titre que les armées. En cela, le détroit d’Ormuz cristallise désormais toutes les tensions. Ce passage maritime, par lequel transite une part essentielle du pétrole et du gaz mondiaux, est devenu une arme stratégique. En le bloquant de facto, l’Iran impose un rapport de force économique à l’échelle mondiale. En quelques jours à peine, les effets ont été immédiats et se sont propagés bien au-delà du Golfe.

Première secousse et non des moindres : l’énergie. Près d’un quart du pétrole mondial transite par ce corridor stratégique. Sa fermeture a immédiatement provoqué une flambée des prix du brut, qui est parti pour s’installer durablement au-dessus de 100 dollars le baril. 

D’ailleurs, Goldman Sachs prévoit une poursuite de la hausse des cours de l’or noir. La banque estime que le Brent pourrait dépasser son record historique d’environ 147 dollars le baril atteint en 2008 si les perturbations de l’offre venaient à perdurer. 

Dans son sillage, les prix du gaz et de l’électricité suivent la même trajectoire ascendante. Pour les entreprises comme pour les Etats, la facture énergétique s’alourdit, comprimant les marges et compliquant les arbitrages budgétaires. C’est pourquoi l’Europe, déjà marquée par les crises énergétiques récentes, commence à anticiper le choc. La révision des politiques de stockage de gaz traduit une inquiétude réelle face à une possible rupture des flux. Le spectre d’une nouvelle crise énergétique globale réapparaît.

Mais l’onde de choc ne s’arrête pas là. L’énergie étant au cœur de toute activité économique, sa hausse alimente mécaniquement une nouvelle poussée inflationniste. En effet, les coûts de production augmentent, les prix à la consommation s’ajustent à la hausse et le pouvoir d’achat des ménages recule.

En parallèle, le commerce mondial subit de fortes perturbations. Le Golfe est une artère vitale du transport maritime et son instabilité renchérit les coûts d’assurance, rallonge les délais, désorganise les chaînes logistiques et accentue les tensions sur l’approvisionnement de nombreux produits.

Tout cela place les Banques centrales devant un dilemme classique : contenir l’inflation sans casser une croissance déjà fragilisée.

Et c’est bien là le deuxième effet majeur : le ralentissement économique. L’incertitude liée à la situation géopolitique, combinée à la hausse des coûts, freine l’investissement et pèse sur l’activité industrielle.

Les économies les plus dépendantes des importations énergétiques sont les plus exposées. Le spectre d’un scénario de stagflation, notamment croissance molle et inflation élevée, refait surface dans les analyses.

C’est dire que l’énergie devient un instrument de guerre à part entière. En perturbant Ormuz, Téhéran internationalise le conflit et place les grandes puissances face à leurs propres dépendances. Plus que jamais, l’enjeu est désormais de gagner la bataille d’Ormuz.

 

F. Ouriaghli 

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