Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) dit suivre avec une «grande préoccupation» l’effondrement d’un immeuble résidentiel survenu à Fès, dans la matinée du jeudi 21 mai. Le drame a fait, selon un bilan provisoire, 9 morts et plusieurs blessés, évacués vers des établissements hospitaliers.
Une équipe de la Commission régionale des droits de l’Homme de Fès-Meknès a été mobilisée pour suivre de près les circonstances de l’accident, ses conséquences et les premières opérations engagées sur le terrain.
Dans un communiqué, le CNDH présente ses condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux personnes blessées. Il rappelle également son précédent communiqué du 11 décembre 2025, publié après l’effondrement de deux immeubles résidentiels au quartier Al Massira, dans la zone de Bensouda à Fès.
Le Conseil réitère, à cette occasion, plusieurs recommandations déjà formulées. Il alerte notamment sur la répétition des effondrements d’immeubles d’habitation, qu’il considère comme une atteinte directe au droit à un logement décent, tel que défini par les normes internationales. Pour le CNDH, ces drames imposent l’adoption d’une stratégie nationale fondée sur l’anticipation, le contrôle régulier et strict, ainsi que le renforcement des mécanismes de veille et de prévention.
L’institution insiste également sur le respect des normes de construction, la transparence des autorités concernées, le renforcement de la coordination entre les départements gouvernementaux, l’administration territoriale et les conseils élus. Elle appelle aussi à une application stricte des règles d’urbanisme, notamment en matière d’autorisation de construire, de contrôle technique et de qualité des études architecturales et d’ingénierie.
Le CNDH plaide, par ailleurs, pour la mise en place d’un mécanisme permanent d’intervention rapide en cas de fissures, de défauts ou d’anomalies structurelles, afin de permettre une action préventive avant la survenance de nouveaux accidents.
Le Conseil appelle enfin à l’ouverture d’une enquête judiciaire sur cet effondrement, à la publication de ses résultats et à l’établissement des responsabilités, conformément au principe de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes.
Il salue, dans le même temps, la présence des autorités publiques et leur supervision directe des opérations de secours. La Commission régionale indique avoir constaté l’intervention de la Protection civile, des autorités locales, de la Sûreté nationale et des Forces auxiliaires, ainsi que l’aide apportée par plusieurs habitants volontaires. Le CNDH relève également les mesures préventives prises au niveau des bâtiments voisins, notamment les évacuations immédiates et les opérations de consolidation engagées pour prévenir tout nouveau risque.