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Hurlements à Shangaï

Hurlements à Shangaï

Rappelez-vous ! Il y a un peu plus d’un an, pendant que partout dans le monde la pandémie liée au Covid-19 faisait des ravages, déstabilisant et bousculant les systèmes de santé, la Chine affichait une tranquillité presque indécente.

Contrairement à certains pays (même développés), l’empire du Milieu, qui nous a pourtant filé le coronavirus, n’a pas connu l’hécatombe dans les hôpitaux, les patients qui jonchent les couloirs des centres de santé, les morts qui ne tiennent plus dans les morgues, les enterrements dans les fosses communes…

Malgré la virulence et la létalité du coronavirus à ses débuts, la Chine, avec 1,5 milliard d’habitants, ne dénombre pourtant officiellement que 4.638 décès, soit 3 morts/pour 1 million d’habitants.

A titre d’exemple, avec près de 150.000 morts, la France en est à 2.225 décès/ pour 1 million d’habitants et les EtatsUnis à 2.862 décès/ pour 1 million d’habitants.

Au Maroc, qui dénombre 16.061 décès, nous en sommes, au 12 avril, à 435 morts/pour un million d’habitants.

Depuis le début de la pandémie, le pays de Xi Jinping a décidé d’appliquer drastiquement la stratégie du «Zéro Covid19». Une stratégie menée à outrance. A l’excès.

Aujourd’hui, alors que dans pratiquement tous les pays les populations retrouvent petit à petit leur «vie normale», en Chine, particulièrement à Shangai, les habitants vivent l’enfer.

Et ce n’est pas abusé que de le dire. Cette ville de plus de 27 millions d’habitants, qui connaît depuis quelques jours une forte poussée épidémiologique, est l’objet d’un confinement strict.

Extrême. Pas le droit de sortir des appartements, sauf pour faire des tests PCR au bas des immeubles tous les deux jours; des immeubles bouclés avec des cadenas; des supermarchés majoritairement fermés et des livreurs qui ne travaillent plus en raison des restrictions sanitaires; des difficultés accrues pour s’approvisionner en nourritures et en eau minérale (celle du robinet n’est pas potable); des habitants affamés et stressés; des Chinois qui vivent cloitrés chez eux dans des conditions extrêmement difficiles; des enfants positifs séparés de leurs parents; des drones et des robots qui circulent régulièrement pour diffuser des messages de propagande et surveiller les confinés, alimentant le climat anxiogène et la psychose qui règnent dans la mégalopole chinoise…

Bref, à Shangai, c’est un autre monde. Un monde que la population, affamée, frustrée, en colère, accepte de moins en moins. Et elle le signifie en le criant aux fenêtres, dans un concert de hurlements qui fait froid dans le dos. Ce n’est pourtant pas un film d’horreur, mais bel et bien la réalité. 

 

Par D. William

 

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