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Perte de poids: Et si l’hypnose thérapeutique était une solution ?

Perte de poids: Et si l’hypnose thérapeutique était une solution ?

Les adeptes de la sveltesse multiplient les régimes, allant du facile au plus draconien à la recherche du poids idéal.

Repenser la perception alimentaire et reprogrammer son subconscient pour maigrir, c’est désormais possible grâce à l’hypnose médicale.

Entretien avec Jean-Jaques Garet, auteur, conférencier et hypnotiseur depuis plus de 30 ans en France.

 

Propos recueillis par Ibtissam Z.

 

 

Finances News Hebdo : Manipuler le cerveau pour la bonne cause, à savoir maigrir, c’est désormais possible. Expliquez-nous comment l’hypnose peut-elle aider à une perte de poids, et est-elle réellement efficace ?

Jean-Jacques Garet : Notre mode de vie a changé trop rapidement durant les 5 dernières décennies. Bien évidemment, les grands responsables sont la nourriture industrielle et le manque d’activité physique engendrée par le développement des moyens de transport. Dans nos pays civilisés, plus de la moitié de la population est en surpoids, encore plus dans des pays comme les Etats-Unis où maigrir est devenu un vrai problème de santé. Justement, comme vous le dites, faire maigrir est vraiment une bonne cause. Il est nécessaire de retrouver rapidement un équilibre alimentaire et une hygiène de vie saine. Cependant, je tiens à préciser que l’hypnose n’est en aucun cas une thérapie, c’est un état de réception intellectuel particulier et ce sont les paroles de l’hypnotiseur qui sont la vraie thérapie. Cet état de profonde concentration intellectuelle permet aux paroles de l’hypnotiseur d’activer des pouvoirs naturels du cerveau, à savoir se programmer de façon réaliste sans se mentir, rétrécir l’estomac et activer le transit intestinal et par la suite retrouver de nouvelles attitudes correspondant au nouveau programme. L’hypnose est très efficace à condition que l’hypnotiseur soit compétent et que la cliente ait vraiment de multiples avantages dans le nouveau corps dans lequel elle doit apprendre à vivre. L’hypnose permet de maigrir de deux kilos par mois sans effort, sans frustration et sans faire attention à respecter un régime.

F.N.H. : Comment se déroulent les séances d’hypnose du programme amincissant ? Sur combien de périodes s’étalent-elles pour avoir un résultat optimal et à quel coût ?  

J-J. G. : Le cerveau ne peut pas désapprendre, du coup il faut créer de nouveaux automatismes. Il faut réinstaller un programme qui tient compte des aspects chimiques et mécaniques du corps et des aspects phsychologiques d’un changement d’apparence. L’objectif que je fixe à mes clients (es) est une perte de deux kilos par mois en moyenne. «Le programme mince» permet aux utilisateurs de pratiquer l’hypnose accompagnée. Il se compose de 23 séances audio enregistrées et plus de 200 pages d’informations, de bilans, des fiches régime-santé qui couvrent les différents aspects de la perte de poids jusqu’au bout. Il est néanmoins indispensable de consulter une personne formée à cette technique au moins une fois avant de commencer. Et si jamais le patient a des difficultés dans sa démarche de perte de poids, il faut revoir le spécialiste pour une meilleure orientation. L’hypnose accompagnée est une formule qui permet de réduire les coûts au minimum en étant sûr du résultat. La séance coûte 1.000 dirhams et dure 2 heures. Concernant le «programme mince», il est chiffré à 900 dirhams. Mais en général, le prix des consultations dépend bien évidemment de leur nombre et des honoraires du praticien.

 

F.N.H. : Entre l’hypnose et l’autohypnose, il y a tout un fossé. A cet effet, vous avez écrit «Manoir Valance», une sorte de guide pour orienter le patient à une meilleure pratique. Quel en est l’avantage ? Parallèlement, ce genre de pratique comportet-il des risques ?  

J-J. G. : Je me suis rendu compte que mes clients (es) devaient revenir au moins une fois par mois pour que les résultats durent et que l’amincissement aille jusqu’au bout. Ce qui était contraignant en termes de temps et d’argent. «Manoir Valance» règle ces deux problèmes. Ainsi, les séances audio enregistrées sont de vraies séances d’hypnose que la personne peut utiliser sans avoir à se déplacer et sans avoir à payer à chaque fois. Pour répondre à la deuxième partie de votre question, le risque principal est la déception du client due à l’incompétence de l’hypnotiseur. C’est pour cela que la formation joue un rôle important pour réussir cette pratique. C’est d’ailleurs la finalité de la formation des 13, 14 et 15 mai au Maroc. Former des praticiens à cette méthode pour qu’ils puissent répondre à toutes les questions, chimiques, mécaniques ou psychologiques que se pose la personne en phase d’amaigrissement.

 

F.N.H. : Une formation est programmée au mois de mai au Maroc pour les professionnels du métier. En quoi consiste cet apprentissage ?  

J-J. G. : Je réponds à la demande de Radia Tanjaoui, spécialiste en pédohypnose; elle est ma collaboratrice associée au Maroc. Il y aura donc deux formations regroupant 400 personnes. La première sera programmée les 6 et 7 mai pour une initiation complète à l’hypnose accompagnée «Manoir Valance» pour les novices, notamment des étudiants en médecine et thérapeutes désireux d’apprendre l’hypnose. Le week-end du 13 au 15 mai, une deuxième formation sera programmée durant laquelle j’interviendrai principalement sur l’hypnose et l’amincissement. Cette deuxième formation est consacrée aux professionnels du métier. Elle sera suivie d’une conférence avec des séances de groupe publique pendant laquelle les participants de la formation pourront scruter et observer comment fonctionne ma méthode. L’avantage pour les participants à cette conférence séances de groupe est que nous leur offrons le «programme mince», la formation leur fournira également leurs premiers clients.

 

F.N.H. : Le pouvoir de la pensée est considérable. En effet, la capacité du cerveau à surmonter, modifier et manipuler est incroyable. Comment l’hypnose peut-elle jouer ce rôle sans interférence ?  

J-J. G. : L’hypnotiseur a une marge de manœuvre plutôt limitée. Dans un spectacle, il peut faire jouer à un spectateur des jeux de rôle. Il est d’ailleurs venu pour cela et il connaît le «risque» de se couvrir d’un ridicule bon enfant, mais en aucun cas l’hypnotiseur ne pourrait lui faire subir des choses qui iraient à l’encontre de ses valeurs. C’est pareil en ce qui concerne l’amincissement. Si la personne hypnotisée se rendait compte que les paroles de l’hypnotiseur ne correspondent pas avec le programme amincissant, elle retrouverait immédiatement toute sa lucidité. D’ailleurs, dans cette optique, nous comptons en septembre 2022 créer un réseau de praticiens «Manoir Valance Maroc» pour garantir aux clients une consultation de qualité, avec un spécialiste compétent et digne de confiance. Ce dernier point est extrêmement important.

 

F.N.H. : Vous avez vous-mêmes été en surpoids, d’où votre intérêt pour l’hypnothérapie. Avec plus de 30 ans d’expérience, quel bilan faites-vous aujourd’hui de cette pratique ?  

J-J. G. : Effectivement, Il y a quarante ans, j’habitais en Irlande. Je pesais 120 kilos, j’avais plus de 50 kilos de trop. En réalité, j’étais obèse. C’est d’ailleurs un hypnotiseur qui m’a permis de perdre du poids. Il m’a enseigné l’hypnose pendant 4 ans. C’est pour cela que j’ai choisi depuis plus de 30 ans de me spécialiser dans l’amincissement. Je connaissais bien la problématique et j’ai pu l’améliorer au fil des temps. La persévérance et la patience m’ont permis de mettre en place un programme universel pouvant convenir à tout le monde. Cette méthode a permis à des centaines de personnes de vivre dans un corps mince et d’être en parfaite harmonie avec leur nouveau corps. J’ai 70 ans maintenant et j’ai décidé de transmettre ce savoir et cette compétence aux autres. C’est ce que je fais actuellement grâce à «Manoir Valance», qui est une forme de collaboration entre le client, qui est le maître de son amincissement, et le praticien, qui intervient quand il faut un avis de spécialiste. Je sais que c’est un peu prétentieux, mais je suis plutôt fier de ce programme qui est en fait le fruit de mes 30 ans d’expérience et de pratique d’hypnose au quotidien.

 

F.N.H. : Si l’hypnose a des vertus pour bien des maux, l’obésité notamment, pourquoi ne se réfère-t-on pas souvent à cette méthode ? La réticence est-elle due à la méconnaissance ou y a-t-il d’autres raisons ?

J-J. G. : L’hypnose est un vrai métier et beaucoup de personnes l’abordent comme un complément à ce qu’elles pratiquent déjà, ce qui ne rassure pas les clients. C’est comme un concessionnaire qui représenterait toutes les marques de voiture, alors que chaque véhicule a sa propre spécificité. Par ailleurs, on ne peut pas être omnicompétent et il faut savoir dire que l’on ne sait pas faire. C’est pour cela que les praticiens du réseau «Manoir Valance Maroc» seront spécialisés dans l’amincissement, ce qui rassurera davantage les patients. Il faut savoir que l’hypnose a été très à la mode il y a 10 ans et de nombreuses personnes prétendent être hypnothérapeutes. Or, l’hypnose n’est en aucun cas une thérapie. C’est comme le bistouri pour une chirurgie, c’est un outil indispensable, mais si vous n’êtes pas apte ou mauvais chirurgien, il ne sert absolument à rien. Il y a également l’hypnose de spectacle qui a un peu galvaudé l’image de l’hypnose. En effet, certaines personnes sont réticentes devant l’hypnotiseur. Elles appréhendent ce moment, de peur d’être tournées en ridicule, ce qui est impossible dans notre métier.

 

F.N.H. : Quels sont les autres cas que l’hypnose peut soigner efficacement ?  

J-J. G. : Sur une stèle découverte en Egypte en 1972, on a déchiffré les paroles d’une séance d’hypnose sous le règne de Ramses II, il y a 3.000 ans ! Mais ce n’est que depuis des années 1800, en France, que l’hypnose moderne est née. Le docteur Masmer utilisait l’énergie du magnétisme animal pour guérir. Plus tard, le marquis de Puységur réussit à décrire l’état de transe hypnotique. En Ecosse, le docteur Braid met au point les premières inductions hypnotiques par la suggestion et la fixation. Cette technique est encore utilisée aujourd’hui. En utilisant ces techniques, des chirurgiens de guerre ont pratiqué l’hypnose comme analgésique pour amputer les blessés. Il s’agit là de la première utilisation pratique de l’hypnose. En effet, l’hypnose agit sur le centre de la perception du cerveau. Et la douleur en est une perception. D’ailleurs, celleci est propre à chacun de nous. Et dans les cas extrêmes, certaines personnes ne ressentent pas de douleur. C’est pour cela que l’hypnose est de plus en plus utilisée aujourd’hui dans les accouchements. Par exemple, pour les femmes qui ne supportent pas les anesthésies locales, ou encore des interventions chirurgicales qui ne nécessitent pas une anesthésie générale. Actuellement, l’hypnose a été utilisée pour régler des problèmes plus contemporains comme les phobies, les troubles du sommeil, la relaxation, la motivation, l’apprentissage rapide des langues étrangères, la dépression, l’image de soi et la confiance en soi entre autres. Je ne le répéterai jamais assez : il faut avoir un bon hypnotiseur qui connait bien votre problème et qui a suffisamment d’expérience pour vous garantir un résultat optimal. 

 

 

 

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