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Obésité au Maroc : Un réel fléau de santé publique

Obésité au Maroc : Un réel fléau de santé publique

Selon les prévisions du World Obesity Atlas, au Maroc, 46% de la population risquent de souffrir de graves problèmes de surpoids d’ici 2035. Cette sonnette d’alarme rejoint les données du ministère de la Santé marocain qui avance que 1 Marocain sur cinq est atteint d’obésité ou de surpoids.

 

Abdelhak Najib

Le chiffre fait peur. Selon les experts de la World Obesity Federation, la prévalence de l’obésité au Maroc devrait enregistrer une progression annuelle de 2,7% entre 2020 et 2035. Des prévisions qui vont largement dépasser le chiffre de 5 millions de Marocains qui sont en obésité morbide, selon les chiffres avancés par le ministère de la santé marocain. Selon, les mêmes données, le taux d’obésité infantile devrait plus que doubler d’ici 2035, par rapport aux niveaux de 2020. Ce grave problème de santé publique devrait continuer à progresser d’un taux annuel de 5,2% au Maroc. Ce qui fera que plus de 30% des enfants marocains seront en surpoids ou obèses d’ici 2035. Quand on ajoute cela aux 10 millions souffrant déjà de surpoids et d’obésité, les chiffres font peur. C’est presque un tiers de la population qui est en proie à des problèmes de santé très préoccupants. Pire, selon les statistiques les plus récentes rapportées par l’enquête nationale sur les facteurs de risque communs des maladies non transmissibles, l’obésité a été détectée chez 29% des femmes, soit pratiquement trois fois plus que les hommes (11%). L’obésité progresse plus rapidement en milieu urbain que rural avec respectivement 22,8% et 14,9%. 


Ces données nous informent sur deux points concomitants : d’un côté, le Maroc a réalisé des progrès notables dans la lutte contre la sous-nutrition. Autrement dit, la richesse du pays garantit une meilleure alimentation aux populations. De l’autre, cela a aussi occasionné des dégâts et des conséquences graves pour la santé des populations. 


Face à une telle batterie de chiffres, nous sommes en droit de nous poser quelques questions sur la teneur des chiffres et leur concordance avec les réalités marocaines. 

1 Marocain sur 5 serait obèse ? Comment arrive-t-on à une telle situation ? Plusieurs facteurs sont en cause, surtout les modes de nutrition des Marocains qui ont complètement changé depuis plus de 20 ans. Aujourd’hui, on le voit dans les rues où l’on tombe sur des personnes obèses ou en surpoids. Et cela touche toutes les tranches d’âge. On comprend bien que la lutte contre la sous-nutrition ait fait des progrès. Les rapports du HCP expliquent chaque année avec force détails que chez les enfants de moins de cinq ans, l'insuffisance fait de grands progrès. Ce qui veut dire que les enfants marocains mangent plus qu’avant. Ce qui ne veut pas dire, dans le cas des adultes, qu'ils mangent mieux. D’où l’obésité et d’autres complications liées à la malbouffe, les Fast-food et d’autres habitudes alimentaires récentes au Maroc. 


Mais la tranche des Marocains qui peuvent se goinfrer de Mc Donald’s, de Burger King, de Pizza Hut, de KFC et d’autres produits de la même gamme, ne sont pas des millions. Un repas dans une telle enseigne cherche rapidement vers les 80 DH. Et pour le Marocain lambda, il s’agit là d’un sérieux pactole à débourser. Il est pourtant vrai que de nouvelles modes culinaires et alimentaires ont fait leur entrée chez les familles marocaines. Il est aussi vrai que les Marocains mangent mal, mangent gras, consomment d’énormes quantités de pain, et ne font pas ou presque de sport pour éliminer le surplus de calories ingurgitées. Une hygiène de vie qui laisse à désirer et dont on voit aujourd’hui les méfaits, avec des enfants qui se goinfrent de sucreries, de chips salés et gras et d’autres substances chimiques douteuses.


D’ailleurs, dans certains milieux, on ne cuisine même plus. On commande et on se fait livrer des plats cuisinés ailleurs, des plats de plus en plus gras, de plus en plus salés, de plus en plus gorgés de tous types de sauces et de condiments. Et dans l’absence de pratiques sportives au quotidien, le résultat est clair : on prend très vite des kilos que nombreux d’entre nous n’arriveront jamais à perdre, d’où le recours à la chirurgie esthétique.   


Côté chiffres plus détaillés, l’enquête nationale sur la population et la santé de la famille a montré que chez les enfants âgés de moins de cinq ans, la prévalence du surpoids est de 10,8% et celle de l’obésité est de 2,9%. Ces derniers touchent plus les garçons que les filles, 12,3% contre 9,2% pour le surpoids et 3,6% contre 2,2% pour l’obésité. Selon le milieu de résidence, l’urbain est plus frappé par le surpoids que le milieu rural (11,7% contre 9,7%). Des écarts assez importants dans la distribution de surpoids sont observés entre régions. En effet, les régions les plus exposées sont Laâyoune, Sakia El Hamra (19%), suivie par Béni-Mellal Khénifra (17,4%) et l’Oriental (13%) alors que celle la moins touchée est Marrakech Safi (6.8%). S’agissant des adolescents âgés de 13 à 17 ans, la prévalence de surpoids est de 13,9%, 10,7% chez les garçons et 17,8% chez les filles, et la prévalence de l’obésité est de 3%, 2,7% chez les garçons et 3,3% chez les filles.

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