L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est inquiétée mercredi des nouvelles recommandations vaccinales décrétées cette semaine par Donald Trump, estimant qu'elles ne reposaient pas sur les données scientifiques disponibles.
"La politique en matière de vaccination doit reposer sur un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles, et non sur des influences politiques", a averti le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur X.
Le président américain, qui a fait sortir son pays de l'OMS, a signé lundi un décret contenant de nouvelles recommandations en matière de vaccins. Ce dernier appelle à espacer leur administration aux enfants, et il a évoqué à plusieurs reprises l'autisme en présentant le texte.
"L'OMS s'inquiète du fait que les récents changements apportés à la politique en matière de vaccination aux Etats-Unis ne sont pas alignés sur les données probantes scientifiques accumulées depuis des décennies", a assuré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Ces données "indiquent les périodes où les enfants sont les plus vulnérables aux maladies, les moments où les vaccins offrent la meilleure protection, le nombre de doses nécessaires ainsi que les vaccins pouvant être administrés simultanément en toute sécurité", a-t-il expliqué, soulignant qu'elles font l'objet d'un examen continu à mesure que de nouvelles informations sont recueillies dans le monde entier.
"Les preuves actuelles sont sans équivoque : les vaccins - y compris le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole NDLR) - sont sûrs et ne causent pas l'autisme", a-t-il indiqué, l'OMS ayant déjà souligné à plusieurs reprises l'absence de lien entre la vaccination et ce trouble neuro-développemental.
Le chef de l'OMS alerte également sur le fait que "retarder la vaccination ou espacer inutilement les doses ne rend pas la vaccination plus sûre et peut laisser les enfants sans protection".