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Emmanuel Macron et ses grands-pères africains

Emmanuel Macron et ses grands-pères africains

C’était son premier déplacement hors d’Europe depuis qu’il a été élu président de la république française. Emmanuel Macron s’est rendu il y a quelques jours sur la base de Gao, au Mali, pour rencontrer les troupes françaises engagées contre les djihadistes dans ce pays. Bien évidemment, le «jeune» Macron (39 ans) a rencontré son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta, 72 ans. La différence d’âge est certes frappante, mais ne dérange nullement. Particulièrement pour le cas de Keïta qui n’exerce le pouvoir que depuis septembre 2013, même s’il a été auparavant Premier ministre (1994 à 2000), puis président de l’Assemblée nationale (2002 à 2007).

En Afrique, ce n’est pas tant l’âge des présidents qui dérange, mais plutôt leur longévité au pouvoir. Et sur ce registre, face à certains dirigeants africains, le «petit» Manu fait évidemment office de puceau. Le CV d’un Robert Mugabe par exemple est riche de 43 ans de vie politique et 30 ans de pouvoir. Et il s’accroche toujours. Car, le président zimbabwéen (93 ans), qui s’est réellement engagé en politique en 1974 lorsqu’il a pris les rênes du parti Zanu-PF, est président depuis 1987 et compte le rester jusqu’à ses 99 ans, comme le lui permet la Constitution.

Résumons : quand Mugabe a fait ses premiers pas dans la politique, Manu n’était pas encore né.

Mugabe n’est cependant pas un cas unique. Bien au contraire :

- Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (75 ans), au pouvoir en Guinée Equatoriale depuis 1979, soit 38 ans de règne. Et là-bas, le pouvoir se filialise, puisque son fils aîné, Teodoro Nguema Obiang Mangue (48 ans), est vice-président du pays depuis juin 2016.

- José Eduardo Dos Santos (75 ans) : il totalise 38 ans de règne en Angola.

- Paul Biya, 84 ans, au pouvoir au Cameroun depuis 35 ans.

- Yoweri Museveni, 73 ans, règne sur l’Ouganda depuis 31 ans.

 

Ces cinq présidents précités totalisent à eux seuls 172 ans de règne. A côté d’eux, il y en a aussi d’autres qui affichent une certaine longévité au pouvoir, comme Denis Sassou-nguesso qui a dirigé le Congo sur deux périodes : de 1979 à 1992, et depuis 1997. Le peuple africain s’est depuis longtemps habitué à voir ses dirigeants s’accrocher au pouvoir… jusqu’à leur mort. Quitte à falsifier les résultats des urnes, tripatouiller la Constitution, voire étouffer par les armes les voix des esprits rebelles.

Les autocraties prendront racine en Afrique tant que des opportunistes continueront à utiliser la politique comme ascenseur social. Oui, les batailles idéologiques ont succombé sous le feu du pouvoir, de l’argent et des balles.

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