Le Baromètre du crowdfunding 2025 recense 731 campagnes liées au Maroc et 12.161 contributeurs. Alors que les plateformes nationales prennent leur place dans cet écosystème, les résultats soulignent aussi les difficultés des porteurs de projets à atteindre leurs objectifs de collecte
Le financement collaboratif poursuit son développement au Maroc, avec des montants collectés encore modestes.
En 2025, 731 campagnes ont permis de mobiliser 7,62 millions de dirhams auprès de 12.161 contributeurs, selon le Baromètre du crowdfunding réalisé par Happy Smala en collaboration avec IDinsight.
Présentée le 10 septembre 2026 au Technopark Casablanca, lors de la deuxième édition du Moroccan Impact Finance Forum (MIFF), cette étude couvre les projets liés au Maroc financés sur des plateformes nationales et internationales.
Dans le détail, chaque campagne a réuni en moyenne 16,6 contributeurs, pour un montant collecté de 10.423 dirhams. La contribution moyenne s’établit, quant à elle, à 627 dirhams.
Ces données dessinent un marché reposant sur des collectes de taille limitée, destinées notamment aux initiatives entrepreneuriales, associatives et citoyennes.
Les plateformes marocaines ont mobilisé à elles seules 3,15 millions de dirhams, soit un peu plus de 41% du montant total recensé.
Pour la première fois, le baromètre intègre les données de plateformes nationales, notamment Kiwi Collecte et Akkan Crowdfunding.
Leur présence traduit une nouvelle étape dans la structuration du secteur, dans un contexte de mise en œuvre progressive de la loi 15.18 relative au financement collaboratif et d’entrée en activité des premières plateformes agréées.
Des objectifs de financement encore difficiles à atteindre
Autre enseignement de l’étude : 35,5% des campagnes analysées ont atteint au moins la moitié de leur objectif de financement.
Les auteurs y voient une amélioration de la performance des collectes et une meilleure appropriation des mécanismes du crowdfunding par les porteurs de projets.
Ce résultat doit toutefois être distingué d’un taux de réussite complète : atteindre 50% de l’objectif ne signifie pas avoir réuni la totalité des fonds recherchés. Il indique également que près des deux tiers des campagnes restent en dessous de ce seuil.
La capacité à mobiliser une communauté de contributeurs demeure donc un enjeu central pour les projets qui recourent à ce mode de financement.
Le baromètre fait par ailleurs état d’une diversification des instruments disponibles. Il signale la première opération de crowdlending, ou financement collaboratif par prêt, réalisée au Maroc sous la loi 15.18. Celle-ci a été menée par Wasit, une entreprise à impact, sur Akkan Crowdfunding.