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PCNS : Le chômage des jeunes ruraux masqué par le sous-emploi

PCNS : Le chômage des jeunes ruraux masqué par le sous-emploi

Le marché du travail marocain fait face à de multiples défis, dont la difficulté d’insertion professionnelle des jeunes en milieu rural. Intitulée «Jeunes Neets et intermédiation sur le marché du travail en milieu rural», une étude récemment publiée par le Policy Center for the News South (PCNS) apporte des éclairages sur le chômage des jeunes ruraux. 

En ayant recours aux résultats d’une enquête menée dans la province de Taounate en 2018, le think tank marocain pointe une faiblesse du niveau de participation des jeunes et des femmes à la vie active en milieu rural ainsi qu’une faiblesse de la qualité des emplois occupés par ces jeunes ruraux, notamment les femmes. 

Selon les auteurs de l’étude, l’analyse des données rétrospectives sur le marché du travail, issues de l’enquête nationale sur l’emploi, montre que sur un total de 6,9 millions de jeunes âgés de 15-24 ans au niveau national en 2020, près de 2,4 millions résidaient en milieu rural, soit 40,2%, enregistrant ainsi une baisse de près de huit points de pourcentage par rapport à 2000 (48,1%). Cette baisse est plus prononcée parmi les jeunes actifs, en particulier les jeunes femmes qui sont de moins en moins présentes sur le marché du travail. 

En effet, si le taux d’activité en milieu rural est de 50% en 2020, il est seulement de 23,7% chez les femmes rurales et de 28,5% chez les jeunes ruraux âgés de 15-24 ans. Ces taux sont respectivement de 37,5% et 57,6% pour les actifs en milieu urbain en 2000, précise le PCNS, soulignant que l’accès de plus en plus tardif des femmes rurales et des jeunes ruraux à la vie active s’explique particulièrement par les efforts importants déployés ces dernières années dans le domaine de la scolarisation dans le monde rural. 

Par ailleurs, l’étude révèle qu’en dépit des efforts consentis au Maroc durant les dernières décennies en termes de scolarisation, le niveau de qualification des jeunes ruraux demeure très faible. 

S’agissant de l’accès aux diplômes, l’étude démontre qu’en 2020, près des trois quarts (73,3%) des actifs ruraux ont déclaré qu’ils n’ont aucun diplôme, 23,1% ont un diplôme de niveau moyen et seuls 3,5% ont un niveau de diplôme supérieur. Ces taux sont respectivement de 36%, 37,3% et 26,6% pour les actifs en milieu urbain, ce qui signifie que les jeunes citadins possèdent un niveau de qualification relativement élevé par rapport aux jeunes ruraux.

De plus, le PCNS dévoile qu’en milieu rural, le chômage des jeunes est masqué par le sous-emploi. Si le taux de chômage des jeunes ruraux âgés de 15-24 ans est relativement faible en zones rurales, environ 16,3% en 2020 (contre 45,3% chez les jeunes citadins), le taux de sous-emploi est plus élevé en milieu rural, vu les spécificités et la nature des activités rurales, souligne l’étude.

En effet, le sous-emploi touche 11,6% des travailleurs ruraux en 2020 (contre 10,1% en zones urbaines et 10,7% au niveau national). Les jeunes ruraux âgés de 15-24 ans sont les plus touchés par le sous-emploi, avec un taux de 16,7% contre seulement 6,3% pour les adultes âgés de 45 ans et plus. Selon le genre, ce taux varie entre 3,1% pour les femmes rurales et 14,2% pour les hommes ruraux, précise la même source. 

Ainsi, les auteurs de l’étude indiquent que les diagnostics réalisés mettent en évidence la nécessité de mettre en place des mesures spécifiques et adaptées aux conditions des jeunes en milieu rural et de mieux cibler les catégories des chômeurs ruraux moins touchés par les programmes en vigueur et les jeunes exclus de l’école et du marché du travail.

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