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Aziz Akhannouch : Faute technique

Aziz Akhannouch : Faute technique

Par D. William

 

Le chef du gouvernement vient de commettre son premier impair. Aziz Akhannouch a relevé de ses fonctions Nabila Rmili, une semaine seulement après qu'elle a été nommée ministre de la Santé. Remplacée par le ministre sortant Khaled Ait Taleb, elle se consacre désormais à la mairie de Casablanca, à la tête de laquelle elle a été élue le 20 septembre dernier.

La décision de céder son fauteuil ministériel vient cependant de Rmili, nous fait-on officiellement savoir, d’autant qu’elle s’est rendu compte qu’elle ne pouvait concilier la «charge de travail» trop importante de maire de Casablanca et «les multiples engagements et le suivi quotidien que nécessite le secteur de la santé, surtout en cette période de pandémie».

Si les raisons évoquées semblent à première vue louables, tout cela ressemble néanmoins à une mauvaise farce politique. Car entre la date à laquelle elle a été élue présidente du Conseil de la commune de Casablanca et celle où elle a été nommée ministre de la Santé (7 octobre 2021), il s’est passé deux semaines. Deux semaines durant lesquelles elle aurait pu mûrir la réflexion, sérieusement, pour se rendre compte que la métropole ne saurait être gérée à mitemps, voire par télétravail, au gré de son agenda gouvernemental.

Ne soyons pas dupes ! Rmili est très au fait des enjeux et défis auxquels est confrontée Casablanca : elle était vice-présidente au sein du conseil communal sortant. Alors, pourquoi n’a-t-elle pas décliné le poste de ministre de la Santé lors des consultations pour constituer le gouvernement  ? Pourquoi Akhannouch l’a-t-elle cooptée sachant tous ces grands chantiers structurants qui attendent la métropole ? Il y a dans tout cela comme un parfum de faute technique.

Mais, comme dirait l’autre, une faute reconnue est à moitié pardonnée. Nous allons donc faire preuve d’indulgence. En ayant toutefois l’intime conviction que c’est parce que l’opinion publique s’est indignée de son cumul des mandats que Rmili s’est rétractée. Ce serait néanmoins injuste que les intelligences rebelles se focalisent uniquement sur elle. Car, actuellement, d’autres membres du gouvernement ont également une double casquette : l’actuel chef de gouvernement est aussi maire d’Agadir, la ministre de l’Habitat, Fatima-Zahra Mansouri, maire de Marrakech, ou encore Abdellatif Ouahbi, maire de Taroudant.

Se cramponneront-ils à leurs fonctions ? Le bon sens les rattrapera-t-il, comme il l’a fait avec Nabila Rmili ? En tout cas, à l’heure de la régionalisation avancée, toutes les régions du Royaume sont appelées à devenir des pôles de développement économique forts, qui ont besoin d’élus pleinement engagés et investis dans la gestion de la chose publique. Des élus qui ne sauraient servir valablement les intérêts de la collectivité en mode distanciel. 

 

 

 

 

 

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