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France - Algérie : Naufrage diplomatique

France - Algérie : Naufrage diplomatique

Le divorce entre Paris et Alger est désormais consommé. Les tensions accumulées depuis des mois se traduisent désormais par des rafales de déclarations enflammées et de représailles à peine voilées. Le Premier ministre français, François Bayrou, a beau marteler qu’il ne veut pas «d’escalade», c’est visiblement peine perdue. Rien ne semble pouvoir arrêter cette dégradation méthodique des relations bilatérales.

Dernier épisode en date : le Conseil de la nation algérienne a suspendu ses relations avec le Sénat français. Motif ? La visite du président Gérard Larcher au Sahara marocain, comme si ce déplacement équivalait à une déclaration de guerre. Alger s’offusque, monte sur ses grands chevaux et claque la porte. Un classique du registre diplomatique algérien, où la surenchère tient lieu de stratégie.

La France, de son côté, durcit aussi le ton. Bayrou a égrené mercredi dernier la longue liste des doléances françaises : refus d’Alger de réadmettre ses ressortissants sous OQTF (obligation de quitter le territoire français), maintien de privilèges migratoires injustifiés hérités des accords de 1968, crispation systématique dès qu’un sujet sensible est abordé… Alger, fidèle à lui-même, joue les vierges effarouchées. Le moindre rappel à l’ordre devient un outrage insupportable.

Chaque restriction migratoire est qualifiée d’«attaque frontale» contre la souveraineté nationale. Mais cette fois, Paris ne se contente plus de demimesures. Bayrou pose un ultimatum : quatre à six semaines pour revoir les accords migratoires. Sinon, ces derniers seront purement et simplement dénoncés. Un coup de tonnerre pour Alger. Une Algérie hors-sol De l’autre côté de la Méditerranée, le régime algérien campe sur sa posture victimaire. Le renvoi de clandestins ? Une humiliation.

L’expulsion de dignitaires ? Une atteinte intolérable à la grandeur nationale. Voilà un déni total de la réalité. Car pendant que les caciques du régime soufflent le chaud et le froid, l’Algérie se meurt à petit feu sous le poids de ses échecs économiques, politiques et sociaux. En vérité, la diplomatie algérienne ne fonctionne que dans l’exagération et le bras de fer permanent. Laisser pourrir les relations avec la France ?

Une tactique. Refuser toute coopération en matière migratoire ? Un acte de résistance. Enfermer Boualem Sansal en ignorant les pressions internationales ? Une démonstration de souveraineté. Mais l’Algérie ne se contente pas de jouer ce jeu avec la France. Le Maroc reste l’ennemi éternel et le responsable de tous ses maux. Le pouvoir algérien s’échine à lui imputer ses propres échecs, dans une obsession pathologique. L’économie en panne ? La faute au voisin.

L’instabilité sociale? Un complot ourdi par Rabat. Les échecs diplomatiques ? Une main invisible du Royaume. La même rengaine. Encore et encore. Mais ce qui agace particulièrement Alger ces derniers mois, c’est le positionnement de Paris sur la question du Sahara marocain. Le soutien officiel de la France au plan d’autonomie marocain a fait voler en éclats les derniers faux-semblants.

Désormais, Alger n’a plus de doutes : Paris ne joue plus la carte de la neutralité bienveillante, mais celle du réalisme diplomatique. Et cela, pour le pouvoir algérien, c’est une trahison pure et simple. Alors oui, la tension avec la France restera vive. Oui, la crispation avec le Maroc continuera d’être entretenue. Mais derrière cette agitation permanente, une évidence s’impose : le régime algérien s’épuise à entretenir des querelles stériles pendant que le monde avance. A force de se chercher des ennemis partout, Alger risque surtout de se retrouver seul.

 

Par D. William

 

 

 

 

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