Le nouveau cycle de négociations entamé par le gouvernement avec les partenaires sociaux et économiques s’est déroulé dans un contexte particulier.
Cette rencontre, la dernière du mandat actuel, intervient en effet à quelques mois des élections législatives, ce qui lui confère une dimension stratégique.
Ce nouveau round de dialogue s’est tenu par ailleurs dans un climat social tendu, marqué par une forte hausse des prix liée à la flambée des cours du pétrole, conséquence directe de la guerre dans le Golfe.
A la Chambre des représentants, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a fait le bilan des réalisations de l’Exécutif, mettant en avant les avancées réalisées, en particulier dans le domaine social. Il a souligné les efforts déployés pour améliorer le pouvoir d’achat, notamment à travers l’augmentation progressive des salaires dans les secteurs public et privé.
«Le dialogue social est désormais institutionnalisé. Il s’agit d’un choix politique durable et non d’une démarche limitée aux périodes de crise. L’État social constitue aujourd’hui un pilier fondamental de notre action publique», a-t-il affirmé. Selon lui, ces mesures ont contribué à instaurer un climat de confiance entre les partenaires et à réduire les inégalités sur le marché du travail. Il a également indiqué que «nous commençons à récolter les fruits du dialogue social; le nombre de grèves a fortement diminué, passant d’environ 600 par an il y a cinq ans à moins de 30 actuellement».
De leur côté, les syndicats ont abordé ces discussions avec des revendications précises, à l’approche de la fête du Travail. Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), a insisté sur la nécessité de revaloriser les salaires et les pensions de retraite, ainsi que de réduire l’impôt sur le revenu. Il a appelé le gouvernement à utiliser le levier fiscal pour améliorer les revenus des travailleurs.
L’UMT a également proposé une baisse de la TVA afin de soutenir le pouvoir d’achat ainsi qu’une réforme en profondeur des circuits de distribution pour limiter l’intervention des intermédiaires et lutter contre la spéculation et les situations de monopole.
Toutefois, Moukharik a exprimé sa déception quant aux résultats de ce dernier cycle de négociations, estimant qu’ils ne répondaient pas aux attentes. Concernant la réforme des retraites, il a rejeté les discours alarmistes sur une éventuelle faillite des caisses, estimant que le problème relève plutôt d’une mauvaise gouvernance. Selon lui, le gouvernement cherche à faire porter l’essentiel de l’effort aux salariés, notamment à travers le relèvement de l’âge de départ, l’augmentation des cotisations et la baisse des pensions.
La Confédération démocratique du travail (CDT) a également critiqué l’action gouvernementale. Son vice-secrétaire général, Younes Firachine, a dénoncé un écart important entre les annonces officielles et la réalité. Il reproche au gouvernement de ne pas respecter ses engagements en invoquant systématiquement les contraintes budgétaires pour justifier l’inapplication des accords conclus avec les partenaires sociaux. Selon lui, les salariés et les retraités sont les premières victimes de cette situation.
De son côté, Naama Mayara, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), a mis l’accent sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat face à une conjoncture économique difficile. Il a souligné que les augmentations salariales restent insuffisantes face à la hausse continue des prix et a appelé à des mesures innovantes pour préserver le pouvoir d’achat.