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Paris lâche Alger

Paris lâche Alger

 

Nous l’avions écrit ici même, sur ces colonnes. On a parlé de l’immobilisme français à l’égard des attitudes hostiles et dangereuses d’un régime algérien, largué de toutes parts.

Un pouvoir qui risque, dans un accès de furie, d’embraser toute la région, dans un dernier geste inconsidéré et extrême.

 

Par Abdelhak Najib, écrivain-journaliste

 

Nous trouvions à la fois louche et intrigante la position de Paris et du président de la république française, Emmanuel Macron, qui donnait à ce moment dans un mutisme presque suspect.

Aujourd’hui, il faut se résoudre aux évidences et affirmer que le coup de grâce de la France à l’encontre de l’Algérie mûrissait lentement, en attendant le coup de butoir qui montre clairement ce que pense Paris des actions, des actes et des turpitudes et autres vicissitudes d’un régime militaire et dictatorial en fin de carrière.

En effet, le président français, Emmanuel Macron, n’y est pas allé avec le dos d'une cuillère.

Lors d’un échange, le 30 septembre 2021, avec des jeunes sur la guerre d’Algérie, le chef de l’État français avait estimé que le pays s’était construit, depuis son indépendance, sur «une rente mémorielle», entretenue par «le système politico-militaire».

Dans la foulée, l’Algérie a décidé, samedi 2 octobre, de rappeler «pour consultations» son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar-Daoud. 

Alger a justifié ce rappel par son «rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures».  La suite des déclarations d’Emmanuel Macron explique bien cette décision hâtive et inconsidérée du président algérien, Abdelmajid Tebboune, qui semble ne connaître qu’un seul langage, celui de la menace et de la rupture, assénant clairement qu’il refuse tout dialogue avec ses partenaires.

Le président algérien opte plutôt pour une prise en otage de leurs idées et de leurs opinions sur l’état chaotique que traverse l’Algérie depuis au moins deux décennies et qui a pris, aujourd’hui, des proportions extrêmement dangereuses. 

Le chef de l’État français a clairement affirmé :  «on voit que le système algérien est fatigué, le Hirak  l’a fragilisé», avant d’ajouter, en évoquant le président algérien, Abdelmadjid Tebboune : «Je vois qu’il est pris dans un système qui est très dur». 

Un autre passage des déclarations d’Emmanuel Macron a achevé de laminer les autorités algériennes : «Est-ce qu’il y avait une nation algérienne avant la colonisation française ? Ça, c’est la question».

La phrase assassine selon Alger et les militaires en place. La phrase qui balaie d’un simple revers de la main toute une mythologie algérienne fabriquée de toutes pièces pour se doter d’une histoire indépendante et d’un passé sans colons.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la suite des déclarations d’Emmanuel Macron, qui s’étonne en se disant : «fasciné de voir la capacité qu’a la Turquie à faire totalement oublier le rôle qu’elle a joué en Algérie et la domination qu’elle a exercée….  Et d’expliquer qu’on est les seuls colonisateurs, c’est génial».

Moins de 24 heures après le rappel de son ambassadeur à Paris, Alger a décidé, le 3 octobre 2021, d’interdire le survol de son territoire aux avions militaires français. Une ligne aérienne empruntée par l’armée française pour ses actions dans le Sahel et au Mali.

Selon le Colonel Pascal Ianni, cette décision «n’affecte ni les opérations ni les missions de renseignements» françaises dans toute la zone du Sahel.

Voici donc une semaine décisive dans les relations entre Paris et Alger, parce qu’il faut ajouter à ce rappel de l’ambassadeur algérien en France, un autre épisode, survenu, le 28 septembre 2021.

En effet, l’ambassadeur de France à Alger, François Gouyette, avait été convoqué au ministère des Affaires étrangères algérien pour se voir notifier «une protestation formelle du gouvernement» après la décision de Paris de réduire de moitié les visas accordés aux Algériens souhaitant se rendre en France.

Deux épineux incidents de grande ampleur pour Alger, qui, en l’espace d’une année, a rappelé son ambassadeur en France pour marquer sa bouderie à l’égard des politiques français qui osent parler ouvertement d’une Algérie malade, fatiguée et au bord du coma.

En effet, c’est la seconde fois qu’Alger convoque son ambassadeur à Paris depuis mai 2020. A l’époque, l’ambassadeur, Salah Lebdioui, avait fait l’objet d’un rappel «immédiat» après la diffusion d’un documentaire sur le mouvement de contestation prodémocratie Hirak, diffusé sur France 5 et La Chaîne parlementaire.  

 

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