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Sahara marocain : Eric Ciotti persiste et signe

Sahara marocain : Eric Ciotti persiste et signe

Contrairement au président français Emmanuel Macron, le chef de file des Républicains n’est pas dans l’ambiguïté : il promet de reconnaître immédiatement la marocanité du Sahara s’il est élu président de la République.

 

Par D. William

S’il y a quelqu’un qui n’est pas blairé actuellement en Algérie, c’est bien Eric Ciotti. Le président des Républicains irrite passablement le pouvoir algérien, particulièrement depuis sa dernière visite au Maroc (du 3 au 5 mai) où il s’est prononcé de façon claire et sans ambiguïté sur la question du Sahara. Le patron des Républicains assure en effet que la souveraineté marocaine sur le Sahara est indiscutable. Et il a réitéré ses propos dimanche, dans une déclaration à la chaine israélienne i24 News.

«C’est une position qui n’est pas nouvelle chez moi en tout cas. Je l’ai déjà exprimée il y a plusieurs mois. Je crois qu’il suffit de regarder le développement de ces régions du Sahara, administrée aujourd’hui de façon exemplaire par le Maroc, pour mesurer qu’il n’y a pas de sujet, qu’il n’y a plus de débat», a affirmé le chef de file de la droite républicaine. Qui insiste sur le fait que «ce débat est simplement entretenu par l’Algérie pour des raisons de politique intérieure».

Pour Ciotti, «il y a des faits historiques, il y a une relation présente, il y a un développement économique puissant dans ces régions qui, naturellement oui, font que cette souveraineté n’est pas discutable». Cette posture rompt radicalement avec l’ambiguïté que cultive le président français Emmanuel Macron sur ce sujet. A force d’être dans le «en même temps», qu’il applique volontiers dans la politique étrangère française en usant notamment du dossier du Sahara marocain pour préserver ses intérêts économiques avec l’Algérie, il a réussi à pourrir les relations entre les deux pays, avec en toile de fond la multiplication des sujets de friction.

Outre le jeu trouble de la France concernant l’intégrité territoriale du Royaume, il y a eu l’affaire Pegasus, une cabale médiatique orchestrée avec la complicité silencieuse des autorités françaises. S’en est suivi l’affaire des visas en septembre 2021, une crise qui n’a connu son épilogue qu’en décembre dernier, à la faveur de la visite effectuée au Maroc par la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna. Il y a eu ensuite la résolution inouïe du Parlement européen exhortant entre autres «les autorités marocaines à respecter la liberté d'expression et la liberté des médias».

Derrière cette résolution, on ne peut que voir la main des autorités françaises, d’autant qu’elle a été activement portée par le groupe Renew Europe, dont le président n’est autre que Stéphane Séjourné. Il s’agit d’un très proche de Macron, son ancien conseiller politique, celui-là même qui a été nommé en septembre 2022 secrétaire général de Renaissance, nouveau nom de La République en marche, laquelle a été fondée par Emmanuel Macron.

 

Comment recoller les morceaux ?

Dans sa gestion des relations avec le Maroc, Emmanuel Macron aura lamentablement failli. Comme il a failli avec plusieurs autres pays africains où le sentiment anti-français est nourri par un Macron jugé arrogant et impertinent. Outre un Franc CFA de plus en plus contesté, les troupes françaises ont été chassées du Burkina Faso; la force Barkhane a été virée du Mali, pays qui, le 31 janvier 2022, décidait d’expulser l’ambassadeur de France à Bamako. Macron a également réussi à s’embrouiller (de nouveau) avec son «allié», le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a rappelé le 8 février 2023 son ambassadeur en France après «l'exfiltration de l'activiste Amira Bouraoui».

Même le couple franco-allemand a perdu de sa superbe sous la présidence de Macron, et ce alors que les relations sont tendues avec la Russie de Poutine et tumultueuses avec l’Ukraine de Zelensky. Bref, la diplomatie française semble être à la dérive. Et la droite républicaine est bien décidée à reprendre les choses en main si jamais elle revient aux affaires, notamment en ce qui concerne le Sahara marocain. C’est la promesse faite par Eric Ciotti qui, s’il est élu président de la République, reconnaîtra immédiatement la marocanité du Sahara, comme l’ont fait les USA en 2020. Quitte à s’attirer les foudres d’Alger, un allié énergétique important pour la France ?

Ciotti assume parfaitement ce choix politique. Car, selon lui, «on a fait beaucoup de concessions à l’égard de l’Algérie et je vois très peu de retours. J’entends souvent des messages très agressifs et très hostiles à l’égard de la France, malgré les gestes répétés (…) qui ont été effectués vers l’Algérie. Aujourd’hui, il y a une réalité. Cela ne veut pas dire que la France ne doit pas parler à l’Algérie, et je l’ai dit à nos amis marocains. Bien entendu, la France doit parler à tout le monde, mais elle ne peut pas mettre au même plan tous ses interlocuteurs, d’autant que certains ont des postures très agressives et nourrissent des alliances avec ceux qui, aujourd’hui, sont nos ennemis». Ce qui fait subtilement référence aux accointances entre Alger et Moscou. Le pouvoir algérien appréciera. 

 

 

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