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Élimination du Maroc à la CAN 2023 : Autopsie d’un échec

Élimination du Maroc à la CAN 2023 : Autopsie d’un échec

L’histoire nous apprend qu’il ne faut pas avoir peur des mots ni les enjoliver encore moins user d’euphémisme pour rendre compte des réalités quels que soient leur nature et leur impact. C’est le cas de l’élimination de l’équipe nationale du Maroc de la CAN 2024 qui se déroule en Côte d’Ivoire.

 

Par Abdelhak Najib

 

Sortir des huitièmes de finale est un échec cinglant pour une formation considérée comme la meilleure équipe africaine étant donné que le Maroc a fini quatrième du dernier Mondial du Qatar 2022, après avoir battu de grandes équipes et enchaîné des victoires de prestige, comme celle face au Brésil. 

Logique que tout un continent africain regarde le onze marocain comme l’équipe à battre. Logique aussi que le peuple marocain pense que cette fois, la coupe d’Afrique lui tend les bras. Avec une équipe aussi performante, qui jouit de tous les avantages, un budget très conséquent, des exigences sportives et même extra sportives, avec tous les honneurs rendus aux joueurs et au staff technique, avec toute la communication et la promotion faite autour de cette équipe, avec des enseignes publicitaires qui couvrent l’ensemble du pays, avec ces stars et leurs qualités ainsi que leurs lubies, il faut dire que l’écosystème autour de cette équipe est unique dans les annales du football marocain. Alors, comment ayant toutes ces qualités techniques, cette pléthore de bons joueurs, un encadrement optimal, de gros moyens, comment faire pâle figure et tomber en huitièmes alors que le but affiché et assumé par la fédération de tutelle et par le staff et les joueurs était de gagner cette coupe dont le Maroc rêve depuis 1976 ? 


Que s’est-il passé ? Pourquoi cette équipe a été en deçà de ses capacités intrinsèques pour tomber dans ses pires travers et perdre aussi lamentablement face à une petite Afrique du Sud, qui a montré plus de rigueur, plus de réalisme et surtout plus de calme et d’expérience en termes de gestion du stress ? 

Primo, l’équipe du Maroc n’a joué qu’une bonne mi-temps en quatre matchs durant cette CAN 2024. Le match d’ouverture où ils n’ont pas été brillants, mais le score suffisait pour oublier les déchets, les erreurs de placement, les failles tactiques et surtout le relâchement. Une ligne de conduite qui a failli coûter cher au Maroc lors du match face au Congo. Malmenés, frileux, très moyens, les joueurs marocains ont évité de justesse une défaite face à des Congolais plus appliqués, plus solides, plus hargneux. Quant au match face à la Tanzanie, il faut l’oublier. Brouillonne, l’équipe du Maroc a géré une rencontre face à un adversaire très moyen et dans le jeu et au niveau tactique. Quoi qu’il en soit, sans être souverains sur le terrain, les joueurs marocains ont validé leur ticket pour les huitièmes et tombent sur un rival récalcitrant : l’Afrique du Sud. Une équipe qui ne réussit pas au Maroc. D’ailleurs, la seule équipe qui a battu le Maroc après son exploit mondial au Qatar. Logiquement, le staff technique devait préparer cette confrontation comme une finale. Ce même staff devait étudier l’adversaire, le passer à la loupe et l’affronter au plus haut niveau de jeu. Rien de tout ceci n’a été le cas. L’équipe du Maroc a fait montre d’amateurisme dans la lecture du jeu adverse. Elle est tombée dans le piège du faux rythme imposé par l’adversaire et les joueurs ont été très en deçà de leurs qualités. Des ratés, beaucoup d’approximations, des déchets, des frappes indignes de joueurs comme Ounahi, Hakimi ou Adli. Un milieu de terrain dépassé et à bout de souffle, à l’image d’un Amrabat en perte de vitesse, toujours en retard sur les ballons et imprécis dans les relances. Quant aux autres joueurs, toute l’équipe a fait pâle figure sauf Aguerd, qui a tenu son rang d’excellent défenseur et de joueur appliqué debout en bout d’un match perdu par une équipe très moyenne, qui n’a rien montré de bon dans un tournoi où elle était le favori incontesté. Et l’absence d’un Ziyech ou d’un Boufal n’a rien à voir avec cette déroute. La débâcle pendait au nez d’une équipe qui a péché par orgueil, avec des joueurs qui ont sous-estimé leurs adversaires, qui se sont crus au-dessus du lot et qui ont payé cash une sortie précoce d’un tournoi qui était largement à leur portée. Sans oublier le relâchement et cette nonchalance qui sont le signe du non professionnalisme de la part d’une équipe censée avoir appris de son aventure au Mondial et qui devait optimiser ses moyens et capitaliser sur ses qualités indéniables. 

Car, ce qui est regrettable pour cette équipe, c’est qu’elle est réellement la meilleure équipe africaine du moment et l’une des plus agréables à regarder dans le monde et qui a gâché une énorme chance d’être sacrée reine d’Afrique. A court et moyen terme, les réalités seront autres. Pour les prochaines échéances mondiales, l’équipe du Maroc est aujourd’hui connue dans ses qualités et dans ses limites. Pour refaire l’exploit de  2022, il lui faut un mental d’acier et une application à toutes épreuves. Et surtout une mentalité de vainqueur qui respecte ses adversaires.

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