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Couvre-feu au Maroc : 365 jours de privation des libertés individuelles

Couvre-feu au Maroc : 365 jours de privation des libertés individuelles

 

 

La mémoire s’use avec le temps. Il semble donc utile, de temps à autre, de la rafraîchir. Le couvre-feu nocturne a été réinstauré au niveau de la préfecture de Casablanca le 7 septembre 2020, de 22H à 5H, accompagné de diverses mesures restrictives.


Il a par la suite été étendu à l’ensemble du territoire national à partir du 23 décembre, de 21h à 6h, pour une durée initiale de 3 semaines. 


Depuis, cette mesure exceptionnelle, qui devait être provisoire, s’est inscrite dans la normalité. Certes, les horaires ont été réaménagés par moments (tantôt 21H, tantôt 23H) en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique, mais jamais le couvre-feu n’a été levé, hormis la courte faveur offerte pendant quelques temps (du 7 juin au 22 juillet derniers) aux titulaires du pass vaccinal, en leur permettant notamment les déplacements nocturnes et de circuler sur l’ensemble du territoire national sans restriction.


Depuis plus d’un an, le Maroc n’a donc plus de vie nocturne, le couvre-feu servant de variable d’ajustement face à l’évolution de la pandémie. Et depuis ce fameux 7 septembre 2020, il n’a jamais été question de le lever, quel que soit le profil des indicateurs sanitaires. Et les citoyens se sont accommodés de cette mesure. Sans broncher. Résignés.


Avec ce silence et ce calme assourdissant dans les rues, interrompu parfois par les sirènes des ambulances et les aboiements des chiens errants, la vie au Maroc est devenue bien triste le soir.


A un moment donné pourtant, il faudra bien que les autorités se penchent sur cette problématique qui empiète sérieusement sur nos libertés individuelles. Car cela fait plus de 365 jours que les Marocains sont contraints, dès 21H ou 23H, de rester cloîtrés chez eux. L’exception ne doit pas devenir la règle. 


Maintenant que la situation épidémiologique s’améliore, les citoyens peuvent-ils alors espérer que le Maroc dise bye bye au couvre-feu ? On peut toujours y croire, mais ce ne sera certainement pas pour sitôt. En effet, si le nombre de contaminations a sérieusement diminué, se situant actuellement à moins de 1.000 cas contre 7.000 à plus de 10.000 enregistrés régulièrement durant le mois d’août, les décès sont toujours aussi importants, même s’ils s’inscrivent aussi en baisse. Avec les 48 comptabilisés lundi, au total ce sont 13.958 personnes qui ont été emportées par la Covid-19 au Maroc depuis le début de la pandémie.


La nécessité de continuer à protéger les citoyens les plus fragiles pourrait donc légitimer le maintien de l’interdiction des déplacements nocturnes sur tout le Royaume. Avec tout ce que cela implique, cependant, comme manque à gagner sur le plan économique. Les touristes préfèrent aujourd’hui aller faire la java au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, où les gens circulent librement et où les restaurants, boîtes de nuit et autres pubs accueillent les clients dans une ambiance effervescente. Des pays où les gens ont retrouvé une vie «normale». Comme au bon vieux temps !


D. William

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