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Aïd Al-Fitr : L’arrière-goût de l’inflation

Aïd Al-Fitr : L’arrière-goût de l’inflation

A quelques jours de l'Aïd Al-Fitr, les magasins de prêt-à-porter connaissent une nette baisse d’affluence.

Au Maroc, l’inflation a atteint en mars son plus haut niveau depuis 2008. Dans ses dernières statistiques, le HCP fait état d’une inflation en hausse de 5,3% en rythme annuel. Un niveau inédit qui impacte le pouvoir d’achat des citoyens.

Habituellement, à l’occasion de l’Aid Al-Fitr, les Marocains se ruent vers les boutiques pour acheter des vêtements à leurs enfants ainsi que des tenues traditionnelles pour les adultes. Ce n’est pas le cas de cette année. Avec des budgets serrés, entamés par la flambée des prix des produits alimentaires et énergétiques, les ménages revoient leur priorité. Et cela se vérifie sur le terrain.

Meryem Hourani, propriétaire d’une boutique de vêtements à Casablanca, explique que «les ventes sont en deçà de ce que j’espérais. Je pensais qu’après deux ans d’inertie due à la Covid-19, la situation allait s’améliorer. Sauf que les ventes ne repartent pas. Je peux même dire que celles de l’an dernier, en pleine pandémie, à cette même période du Ramadan, étaient meilleures que celles de cette année».

Consternée, Meryem poursuit : «je ne parle même pas de l’ouverture après la rupture du jeûne : là encore, la clientèle se fait rare. Elle opte pour de petits achats, à petits prix. Les clients réfléchissent et hésitent avant de se décider. Ils se désintéressent des produits de qualité, et donc plus chers. Les meilleures ventes s’effectuent durant l’après-midi et concernent surtout les vêtements «beldis» et les habits des enfants. Il est vrai que les parents font un effort considérable pour faire plaisir à leur progéniture. La cherté de la vie n’est plus à démontrer, elle est palpable partout. J’espère que la cadence va s’améliorer d’ici le jour de l’Aid».

Cette tendance haussière des prix, notamment sur les produits de base, est forcément préjudiciable aux citoyens marocains. Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), confirme cette poussée inflationniste qui se fait ressentir sur le portefeuille des ménages.  «L’impact de l’inflation se ressent sur toutes les activités économiques du pays. La hausse du fret a un impact considérable sur le secteur de l’habillement, notamment la vente qui, en grande partie, commence à dépendre de l’étranger, particulièrement de la Turquie. De ce fait, le recours d’une grande majorité de consommateurs est la recherche d’habits à moindre coût, et ça on ne peut le trouver que dans les friperies. Or, ces dernières représentent un danger sanitaire, surtout qu’elles ne sont pas réglementées et que le gouvernement ferme les yeux sur cette activité», souligne-t-il.

Pour préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, Kherrati insiste sur la réduction de la TVA. «En tant que Fédération qui défend le droit du consommateur, nous avons sollicité le gouvernement pour la diminution de la TVA sur les produits essentiels. Il est resté sourd à notre doléance. Pourtant, plusieurs pays l’ont adoptée et cela s’est répercuté sur le pouvoir d’achat du consommateur. Au Maroc, on est réticent à l’idée de revoir la Loi de Finances 2022 pour revenir sur les augmentations des taxes intérieures de consommation (TIC)», conclut-il.

 

Par Ibtissam Zerrouk

 

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