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Détresse hydrique : Les larmes du ciel

Détresse hydrique : Les larmes du ciel

Les gouttes sont absentes des cieux. La nature a soif, renvoyant une réalité où l'eau, jadis abondante, se fait rare et précieuse. Le Maroc souffre. Le Maroc est déshydraté. Le Royaume traverse actuellement une crise hydrique sans précédent, amplifiée par les mécanismes redoutables du changement climatique, et qui suscite une inquiétude légitime. 

Les paroles du ministre de l'Equipement et de l'Eau, Nizar Baraka, exposent une cruelle vérité : trois années de sécheresse sévère ont laissé les réserves des barrages … exsangues. Les larmes du ciel se font rares, avec comme implications des chiffres très préoccupants. Durant les trois derniers mois, les précipitations n’ont pas dépassé la moyenne de 21mm, soit une régression de 67% par rapport au volume des précipitations durant la même période d’une année normale. 

Les températures élevées, complices malveillantes d’un état climatique déréglé, ont aggravé la situation en accélérant l'évaporation et en impactant l'état des barrages. Conséquence : un niveau de remplissage des barrages qui s'établit à 23,5% contre 31% à la même période de l'année dernière, soit un recul de 7%. Alarmant ! 

Les conséquences de cette crise ne se limitent pas seulement à la disponibilité d'eau. L’agriculture, otage des caprices de la météo et driver de la croissance économique, en pâtit lourdement. Les agriculteurs voient leurs moyens de subsistance menacés à cause de la pénurie d’eau. La production agricole dégringole, les prix des produits alimentaires s'envolent et le pouvoir d'achat des citoyens s'érode comme le lit d'une rivière sans eau. Ce tableau sombre ébranle les fondements même de notre sécurité alimentaire.

Face à cette détresse hydrique, le gouvernement déploie des mesures audacieuses : la construction de nouveaux barrages, le développement des ressources en eau non conventionnelles, la connexion d'eau entre Sebou et Bouregreg, la réutilisation des eaux usées… sont autant de piliers d'une vision qui embrasse l'ensemble du spectre hydrique.

Une préoccupation royale

Le discours royal du 29 juillet 2023, énoncé avec sagesse et solennité, résonne comme un appel à l'unité nationale face à ce défi hydrique. Le Roi Mohammed VI, qui appelle à une gestion rigoureuse des ressources en eau et à une prise de conscience collective face aux défis climatiques, souligne légitimement l'importance du Programme national pour l'approvisionnement en eau potable et d'irrigation 2020-2027. Une feuille de route essentielle pour guider le Maroc vers des horizons moins austères.

Dans ce contexte difficile, la responsabilité de chaque citoyen est engagée. Réduire le gaspillage, rationaliser la demande en eau, adopter des pratiques écoresponsables, voilà des gestes simples qui contribuent à la préservation de cette denrée devenue rare. À l'heure où chaque goutte compte, où chaque goutte est synonyme d’espoir, les efforts du Maroc pour développer une gouvernance intégrée de l'eau avec une approche territoriale seront-ils cependant suffisants pour garantir la résilience du Maroc face à une crise hydrique en évolution constante du fait du changement climatique ?

En tout cas, aujourd’hui plus que jamais, cette crise hydrique, qui résonne comme un écho des altérations profondes induites par le changement climatique dans notre écosystème, ne doit pas simplement être appréhendée sous le prisme d’une question qui relève exclusivement du gouvernement, mais doit plutôt être une préoccupation collective. 

 

F. Ouriaghli

 

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