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Sécheresse : Le spectre d’une saison agricole parmi les plus difficiles des 30 dernières années

Sécheresse : Le spectre d’une saison agricole parmi les plus difficiles des 30 dernières années

Le monde rural vit actuellement de grosses incertitudes. Le mois de janvier était quasi sec. C’est pourtant une période cruciale pour les cultures, surtout les céréales d’automne, et pour l’enrichissement des parcours naturels qui serviront comme espace pastoral pour les éleveurs de ruminants.

Le déficit hydrique se creuse de jour en jour et l’état végétatif des plantes frôle le désastre. La météo n’annonce pas d’intempéries majeures prochainement.

Interrogé à ce sujet par les députés dans le cadre des questions orales à la Chambre des représentants, Mohamed Sadiki, ministre de l’Agriculture, du Développement rural, des Eaux et Forêts et des Pêches maritimes, n’a pas caché ses inquiétudes, indiquant que «la saison serait parmi les plus difficiles des 30 dernières années».

Il a souligné que «le Maroc est très préoccupé actuellement par la situation de la campagne agricole. Sur les 12 régions du Royaume, seules 4 sont proches d’une situation normale. Si les pluies sont au rendez-vous lors de la prochaine quinzaine, elles connaîtront un certain redressement.

Il s‘agit des régions de Fès-Saiss, Tanger-Tetouan-Al-Hoceima, Rabat-Salé-Kénitra et Casablanca. Pour leur part, les régions de Souss-Massa, Béni-Mellal, Oriental et Haouz sont fortement impactées».

Les années 2015 et 2016 ont été marquées par une forte sécheresse, mais pas avec la même ampleur. Le taux de remplissage des barrages dépassait à fin janvier 2016 les 54%, ce qui donnait plus de visibilité pour les périmètres irrigués. Alors qu’au cours de la même période de 2022, les réserves sont à moins de 34%. Cela ne donne pas assez de visibilité pour les exploitants et des risques majeurs pèsent sur les nappes phréatiques.

Les professionnels du secteur restent sceptiques quant à un éventuel redressement de la situation. Abdelmoumen Guennouni, ingénieur septuagénaire ayant une expérience de plusieurs décennies dans le secteur agricole, explique que «la sécheresse actuelle impactant le Royaume est quasi similaire à la vague des années 80. Il ne faut pas s’attendre à un certain redressement de la situation, même avec l’arrivée des pluies au cours des prochains jours.

Pour les céréales d’automne, la récolte prévisionnelle sera très faible et la saison frôle la catastrophe. Pourvu que les pluies soient au rendez-vous au cours de la deuxième quinzaine de février et mars pour donner une impulsion aux cultures printanières et soutenir les éleveurs».

Le même sentiment d’inquiétude et de déception est partagé par les agriculteurs. Des exploitants ont été contraints de transformer leurs champs de blé en parcours naturels.

«Actuellement, l’important pour les éleveurs est de sauver leur bétail. Nous avons sacrifié nos parcelles de céréales, car même si l’on doit attendre l’arrivée des pluies, la récolte ne sera pas assez bonne et la recette générée ne devrait pas couvrir les charges mobilisées», affirme Mohamed Taki, président d’une coopérative agricole dans la région de Benslimane.

Charaf Jaidani

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