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Violences faites aux femmes : En attendant la justice

Violences faites aux femmes : En attendant la justice

Il ne se passe pas une journée sans apporter son lot de violences à l’égard des femmes au Maroc. Coups et blessures, agressions, viols, rapts, kidnappings, harcèlement moral, psychologique et physique, tentatives de meurtres et assassinats. 

 

Par Abdelhak Najib
Écrivain-journaliste

 

Dans ce sens, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) chargée du traitement des affaires de violence contre les femmes révèle qu’en 2021, 61.388 dossiers portant sur toutes les formes de violence à l'encontre des femmes et des filles, ont été enregistrés, avec un total de 62.383 victimes dont 7% sont des mineures.

D’aucuns pensaient qu’avec la promulgation, en 2018, d’une loi qui définit et criminalise certaines formes de violence à l’égard des femmes, les victimes et leurs enfants pouvaient aisément obtenir justice. C’était sans compter sur les lourdeurs administratives, certaines lois du code pénal et autres difficultés qui font de ce désir de justice un vœu pieux, alors que les violences gagnent du terrain de manière franche dans une société marocaine, en perte de valeurs et en proie à  des violences de plus en plus accrues, et ce, à tous les niveaux.

C’est partant de ce constat que nous nous penchons sur ce rapport portant ce titre très révélateur :  «Protection pas prison : Comment la criminalisation des relations sexuelles en dehors du mariage promeut les violences faites aux femmes». Il s’agit là d’un rapport émanant de Mobilizing for Right Associate (MRA), qui a réalisé cette étude en s’appuyant sur l’expertise de six ONG dans 16 villes marocaines. L’un des principaux objectifs de ce rapport est de mettre le doigt sur les contraintes et les obstacles face à la mise en pratique de la loi n° 103.13. Une loi relative à la lutte contre les violences faites aux femmes. Tout en axant l’intérêt sur l’urgence de la criminalisation des relations sexuelles en dehors du mariage qui figure dans le Code pénal dans ses articles 490 et 492. 

Quand on confronte la teneur de la loi 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes et les dispositions des articles 490-493 du Code pénal marocain, on se rend compte de tout le chemin de croix des victimes qui doivent subir encore et encore, avant cette hypothétique justice, au bout du calvaire.

Face à toutes ces complications, on comprend bien pourquoi de nombreuses victimes finissent par jeter l’éponge. En effet, selon les chiffres de la DGSN, 8% des femmes violentées n’ont d’autre choix que de retirer leurs plaintes. Elles jugent les procédures lentes, longues et décourageantes. Ce qui fait dire à plusieurs analystes que cette lourdeur a des répercussions graves que l’on constate dans l’aggravation des cas de violence physique qui se place en haut du tableau avec 41% des plaintes. Celles-ci sont toujours accompagnées d’autres types de violences :  économiques (27%), violences psychiques (26%), violences sexuelles (4%) et violences via les nouvelles technologies (2%). 

Quand on combine le tout, le cocktail qui prend forme fait peur dans un Maroc qui plaide constamment pour les droits des femmes, qui avance de nombreux slogans pour la protection des femmes et des jeunes filles, qui parle d’égalité et d’équité… alors que les réalités du terrain consacrent des dérives violentes de plus en plus criardes et qui nécessitent un profond débat de société.

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