Les données du sixième rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement montrent, pour 2025, une évolution globalement favorable du secteur public, même si certaines situations de retard continuent de subsister.
Au niveau de l’État et des collectivités territoriales, le délai moyen de paiement de la commande publique s’est établi à 16,2 jours en 2025 contre 18 jours un an auparavant, soit un niveau largement inférieur au plafond légal de 60 jours.
Cette amélioration concerne également les marchés publics, dont le délai moyen est passé de 25,7 à 22,7 jours.
Dans le détail, le délai atteint 21,4 jours pour l’État et 27,4 jours pour les collectivités territoriales.

Cette évolution intervient alors même que le volume de la commande publique a progressé. En 2025, celle-ci a représenté 82,45 milliards de dirhams contre 72,96 milliards en 2024, pour un total de 263.596 actes d’achat publics, contre 246.460 un an auparavant.
La réduction des délais s’est ainsi accompagnée d’une hausse du volume des opérations traitées.
L’amélioration des délais se traduit également par une baisse des coûts liés aux retards. Les intérêts moratoires versés au titre de la commande publique sont passés de 17,76 millions de dirhams en 2024 à 12,96 millions en 2025.
Près de 97,6% de ce montant concernent les marchés publics. Le rapport relève par ailleurs que 90,5% de ces intérêts ont été réglés par les comptables publics sous forme de dépenses sans ordonnancement préalable, contre 61% en 2024.
La Trésorerie Générale du Royaume prévoit de poursuivre cette dynamique, notamment à travers la dématérialisation de la chaîne financière et comptable de la dépense publique.
Du côté des Établissements et entreprises publics (EEP), la tendance est également à l'amélioration sur le long terme. Leur délai moyen de paiement est passé de 55,9 jours en 2018 à 32,5 jours en 2025, soit une réduction cumulée de 41,9%.
Le taux de conformité au délai réglementaire atteint désormais 92%. Toutefois, la progression semble marquer un ralentissement : après les améliorations enregistrées depuis 2018, le délai moyen a légèrement augmenté en 2025, passant de 31,7 à 32,5 jours.
Cette moyenne masque toutefois des situations différentes selon les établissements et les secteurs.
En décembre 2025, 16 EEP, soit 8% des entités suivies, étaient concernés par des retards de paiement. Parmi eux, six affichaient des retards supérieurs à deux mois, dont quatre dans le secteur Social, Santé, Éducation et Formation.
Par ailleurs, 65 EEP ont payé des amendes pécuniaires, pour un montant total de 423,2 millions de dirhams. Ce montant est toutefois en baisse de 41,2% par rapport à 2024.
Le rapport précise que ces amendes portent sur les factures effectivement réglées hors délai et ne permettent donc pas, à elles seules, de mesurer la situation globale d’un établissement.
Enfin, la plateforme AJAL, destinée aux fournisseurs confrontés à des difficultés de paiement, continue de gagner en utilisateurs. Elle comptait 899 fournisseurs inscrits fin 2025, après l’arrivée de 143 nouveaux utilisateurs au cours de l’année.
Au total, 60 réclamations ont été déposées en 2025, pour un montant de 8,91 millions de dirhams. Les PME et TPE représentent 95% des réclamants. Le rapport souligne ainsi que, malgré la réduction globale des délais, le traitement des réclamations constitue encore un axe d’amélioration pour le secteur public.
Dans l’ensemble, les chiffres de 2025 dessinent donc une trajectoire d’amélioration des paiements publics, aussi bien pour l’État et les collectivités territoriales que pour les EEP.
La baisse des délais et des intérêts moratoires témoigne d’une meilleure maîtrise des procédures, tandis que les retards encore observés dans certaines entités montrent que les efforts restent à poursuivre.