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Tunisie-polisario : La Tunisie devient une république bananière

Tunisie-polisario : La Tunisie devient une république bananière

L’Histoire est cruelle et elle ne pardonne aucun faux pas. Elle est aussi irréversible, malgré cette impression qu’elle donne pour certains faits qui se répètent. Mais ils ne reviennent jamais de la même façon. 

 

 Par Abdelhak Najib
 Écrivain-journaliste

Après Habib Bourguiba, il a fallu vivre sous Zine El Abidine Ben Ali et la fin que l’on connaît, suite à ce soulèvement qui est resté dans les annales sous le nom de «La Révolution du jasmin». Mais le jasmin a très vite accouché de chiendent et de chienlit.

Le petit pays, coincé entre une Lybie en proie au chaos, après la chute de Mouammar Kadhafi, et une Algérie gouvernée par une junte militaire, a vu défiler les islamistes purs et durs dans de véritables tentatives de faire main basse sur le pays finissant avec le peu de liberté dont rêvait le peuple tunisien. Ce dernier paie depuis 2011 un lourd tribut aux conflits politiciens, aux idéologies assassines et le noyautage systématique des services algériens qui ont réussi en dix ans de faire de la Tunisie une simple province algérienne inféodée au régime d’Alger.

Une situation tragique que l’on voyait venir depuis des années, qui a abouti à une profonde crise entre Rabat et Tunis, le 26 août 2022, après la réception du président tunisien du chef présumé du polisario.

En effet, le Maroc a annoncé, très vite, le rappel de son ambassadeur à Tunis après que le président tunisien Kais Saied a accueilli cet invité surprise, avant la tenue du forum Ticad (Tokyo International Conference on African Development) organisé les 27 et 28 août 2022, à Tunis.

Le message est clair. La diplomatie marocaine l’a bien saisi à sa juste valeur et en temps réel. La Tunisie a choisi son camp. On savait qu’elle était depuis plus de dix ans sous la botte d’Alger. Mais avec une telle provocation, à la veille d’un grand forum, et à la dernière minute, la Tunisie a basculé dans une dérive qui annonce déjà le chaos dans un pays très fragilisé et très dépendant d’un voisin algérien hégémoniste. Sans oublier la guerre civile libyenne qui risque de s’étendre sur le territoire tunisien pour ruiner définitivement un pays aux abois, à la fois délaissé par une Europe occupée par ses affaires internes et un monde arabe, toujours en proie à des guéguerres et autres conflits souterrains et fratricides.

Face à une telle volte-face, certes prévisible, de la part d’un pays en déshérence, le Maroc a clairement mis les choses au point, comme cela a été défini dans le dernier discours du Roi Mohammed VI qui a appelé tous les pays et les partenaires qui tergiversent et jouent des jeux troubles avec l’intégrité territoriale du Royaume à clarifier leurs positions et à se déclarer. Car, le Maroc met cette question de son Sahara comme l’unique baromètre de ses relations internationales. On ne peut plus clair. Rabat n’accepte plus ces doubles-jeux et cette confusion des genres de la part de certains partenaires qui n’ont pas encore compris que sur cette question du Sahara, les dés sont jetés et la communauté mondiale, celle qui a du poids et de la crédibilité, s’est alignée sans l’ombre d’un doute sur la proposition marocaine, qui est la seule fiable et viable.
 
Aujourd’hui, cet acte de la part de la Tunisie ne perturbe d’aucune façon la stratégie marocaine, surtout que Tunis n’a aucun poids ni aucune voix audible pour peser dans la balance géostratégique régionale. Tunis vient juste de perdre un appui solide et un allié de taille en perdant Rabat. C’est tout ce que l’on peut retenir de cette dérive téléguidée par Alger. C’est bien dommage.

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