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Frappes russes massives sur les villes ukrainiennes, des dizaines de morts

Frappes russes massives sur les villes ukrainiennes, des dizaines de morts

Photo AFP.

La Russie a mené lundi une attaque massive contre des villes d'Ukraine, qui a fait au moins 36 morts, dont certains dans des hôpitaux, suscitant l'indignation de Kiev et de ses soutiens, à la veille d'un important sommet de l'Otan.
 

Ces nouvelles frappes suscitent aussi des interrogations sur l'état de la défense antiaérienne ukrainienne, à nouveau mise à rude épreuve après de précédents bombardements russes ayant notamment visé des centrales électriques et des aérodromes militaires.

"Les terroristes russes ont de nouveau lourdement attaqué l'Ukraine avec des missiles. Différentes villes : Kiev, Dnipro, Kryvyï Rig, Sloviansk, Kramatorsk", a réagi Volodymyr Zelensky sur Telegram. "Des immeubles d'habitation, des infrastructures et un hôpital pour enfants ont été endommagés".

De Varsovie où il effectue une visite, le président ukrainien a réclamé aux Occidentaux une "réponse plus forte" à la Russie. Il a aussi réclamé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le bilan de ces tirs dans la profondeur du territoire ukrainien est l'un des plus élevés depuis des mois, traduisant l'usure de la défense antiaérienne ukrainienne.

A Kiev, deux centres médicaux ont été atteints, dont un important établissement pour enfants, faisant au moins 22 morts.

Onze personnes ont aussi été tuées dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est) et trois à Pokrovsk (est). Au moins 140 personnes ont été blessées au total.

Les autorités de la capitale ont décrété qu'une journée de deuil serait observée mardi et que tous les événements de divertissement seraient annulés.

"Un des plus importants hôpitaux pour enfants d'Europe", celui d'Okhmatdyt, a été endommagé à Kiev, a dénoncé Zelensky sur X.

"La Russie ne peut soutenir qu'elle ignore où tombent ses missiles et doit être tenue pour pleinement responsable", a-t-il ajouté. Selon les services de sécurité ukrainiens, au moins deux personnes ont été tuées dans cet hôpital et sept enfants figurent parmi les blessés.

Moscou dément, assurant avoir visé et touché des "installations militaires" et affirmant que les images prouvent que les dégâts dans cet établissement ont été causés par la chute d'un missile antiaérien ukrainien.

Sur place, des centaines de personnes, secouristes, proches, policiers, se sont précipitées pour venir en aide aux victimes, déblayer, retrouver les leurs.

"Il est très important que le monde ne reste pas silencieux et que chacun voie ce que fait la Russie", a lancé M. Zelensky.

Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, a déploré que la Russie "cible sans pitié les civils ukrainiens", jugeant que "l'Ukraine a besoin d'une défense antiaérienne dès maintenant".

Paris a parlé d'"actes barbares" à "ajouter à la liste des crimes de guerre dont la Russie devra rendre compte", tandis que Londres a dénoncé une "attaque épouvantable" et le Premier ministre canadien Justin Trudeau un acte "odieux".

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a déclaré que ce genre d'attaques, "particulièrement choquantes", "est inacceptable et doit cesser immédiatement".

Le département d'Etat américain a condamné cette frappe russe "barbare", en estimant qu'il s'agissait d'une attaque délibérée.

Au total, les Ukrainiens affirment que les Russes ont tiré 38 missiles, dont 30 ont été abattus.

L'armée russe frappe régulièrement loin à l'intérieur du territoire ukrainien, visant en particulier des installations énergétiques et des usines et tuant des civils dans une stratégie qui a pour objectif, selon Kiev, de saper le moral des Ukrainiens.

L'opérateur énergétique privé DTEK a fait savoir sur Telegram que trois de ses sous-stations électriques avaient été détruites ou endommagées dans la capitale. Plusieurs sites industriels ont été atteints, d'après les autorités.

L'Ukraine ne dispose que d'un nombre limité de systèmes de défense antiaérienne et de munitions et en demande sans cesse plus à ses alliés occidentaux.

Ces frappes surviennent à un moment où, sur la ligne de front, l'armée russe grignote du terrain et tente de profiter des difficultés de l'armée ukrainienne à regarnir ses rangs et à obtenir davantage d'armes et de munitions de la part des Occidentaux.

Au cours de la réunion de l'Otan à partir de mardi aux Etats-unis, il sera largement question du soutien fourni par cette alliance à l'Ukraine, mais aussi des incertitudes que font peser les élections américaines de novembre et l'éventuelle victoire de Donald Trump.

Ce dernier a dit à plusieurs reprises qu'il mettrait un terme à la guerre dans des délais très courts, ce qui implicitement se ferait au détriment des Ukrainiens qui résistent à l'invasion russe depuis bientôt deux ans et demi.

Volodymyr Zelensky a signé lundi à Varsovie un accord de sécurité avec le Premier ministre polonais Donald Tusk, avant d'aller à ce sommet à Washington.

Le chef du gouvernement indien Narendra Modi est quant à lui à Moscou. L'Inde n'a pas explicitement condamné l'invasion de l'Ukraine et s'abstient de voter les résolutions de l'ONU contre son allié traditionnel qu'est la Russie.

A Washington, le porte-parole de la diplomatie américaine Matthew Miller l'a exhorté de "dire clairement que toute résolution du conflit en Ukraine implique le respect de la Charte des Nations unies en ce qui concerne l'intégrité territoriale de l'Ukraine, la souveraineté de l'Ukraine".
 

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